Procès insolite au TGI de N'Djamena : le prévenu assure que son plaignant attendait « un coup de fil » du tribunal
Au Tribunal de grande instance de N'Djamena, un procès a dû être renvoyé car le plaignant, absent, pensait que la justice l'appellerait par téléphone le jour de l'audience.
Par Temandang Gontran
Ce jeudi 17 septembre 2026, l'ambiance était pour le moins surprenante au Tribunal de grande instance (TGI) de N'Djamena. À la barre, un prévenu placé en détention préventive à la maison d'arrêt de Klessoum s'est retrouvé seul pour répondre des faits qui lui sont reprochés par son propre oncle, absent à l'audience.
Une absence remarquée de la partie civile
Poursuivi à la suite d'une plainte de son parent, le prévenu comparaissait pour sa mise en accusation. Constatant le défaut répété de la partie civile, la présidente du tribunal a interrogé l'intéressé sur les motivations et le parrainage de cette absence.
La réponse du prévenu a provoqué l'hilarité et l'étonnement dans la salle d'audience : selon lui, son oncle lui aurait affirmé que « c'est le tribunal qui devait l'appeler par téléphone le jour du jugement ».
Le rappel à l'ordre du tribunal
Face à cette méconnaissance manifeste des procédures judiciaires, les magistrats ont tenu à recadrer les faits. Le tribunal a rappelé avec fermeté qu'il n'incombe pas aux juges de convoquer ou de relancer les plaignants par téléphone, mais bien à ces derniers de se déplacer pour venir exposer à la barre les motifs de leur plainte.
Renvoyé en détention dans l'attente du plaignant
Faute de pouvoir instruire l'affaire contradictoirement en l'absence de l'accusateur, le dossier a été renvoyé à une date ultérieure. Le tribunal a exigé la comparution impérative de la partie civile pour la prochaine audience.
En attendant que son oncle se présente enfin devant la justice, le prévenu a été reconduit à la maison d'arrêt de Klessoum.