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Protection des données au Tchad : les acteurs du numérique posent les bases d’une meilleure gouvernance

Réunis à N’Djamena pour les Digital Policy Engagement Series, les acteurs du numérique tchadiens échangent sur les défis de la protection des données et de l’application des lois.

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Protection des données au Tchad : les acteurs du numérique posent les bases d’une meilleure gouvernance
Tchad : à N’Djamena, les acteurs du numérique réfléchissent à une meilleure protection des données personnelles — © Khadidja Oumar Abdoulaye/Alwihda Info

Par Khadidja Oumar Abdoulaye

La série d’engagements sur les politiques numériques (Digital Policy Engagement Series – DiPES Tchad) s’est ouverte ce mercredi 30 septembre 2026 à l’hôtel Soluxe de N’Djamena. Organisée par Paradigm Initiative, en partenariat avec ACSIS-Tchad, cette rencontre de deux jours réunit experts, représentants des institutions publiques, magistrats, forces de défense et de sécurité, ministères et acteurs de la société civile autour des droits numériques, de la cybersécurité et de la protection des données à caractère personnel.

Pendant ces deux jours, les participants échangent sur les défis liés à la gouvernance numérique, à la protection des données personnelles et à l’application effective des textes juridiques qui encadrent le secteur au Tchad.

L’objectif est notamment de renforcer les capacités des acteurs concernés et de favoriser une meilleure compréhension des droits numériques, ainsi que des responsabilités qui accompagnent l’utilisation croissante des technologies.

Au cours de son intervention, Moussa Valery, Program Officer, a rappelé que la mission de Paradigm Initiative au Tchad s’articule autour de deux principales journées.

La première est consacrée au renforcement des capacités de la société civile et au rappel des fondements des droits numériques, présentés comme les droits humains à l’ère du numérique. Il s’agit de sensibiliser les acteurs sur l’existence de ces droits et sur la nécessité de les protéger face aux usages quotidiens d’Internet et des nouvelles technologies.

La deuxième journée est davantage consacrée à l’examen de deux textes législatifs adoptés au Tchad en 2015 : la loi relative à la protection des données personnelles et celle portant sur la cybersécurité et la lutte contre la cybercriminalité.

Cette réflexion s’appuie également sur plusieurs références internationales, notamment le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, la Convention de Malabo, la directive de l’Union africaine sur la protection des données personnelles ainsi que l’Agenda 2024 de digitalisation de l’Union africaine.

L’ambition affichée est de formuler des recommandations susceptibles de contribuer à la consolidation du code du numérique actuellement en cours d’élaboration au Tchad.

Pour Tidjani Mahamat, point focal, le pays dispose déjà d’un cadre juridique important et figure parmi les premiers États africains à avoir ratifié la Convention de Malabo.

Cependant, l’existence des textes ne suffit pas à elle seule. Le principal défi reste leur effectivité et leur application par les différentes structures qui produisent, collectent, utilisent et conservent quotidiennement des données personnelles.

Cette situation appelle, selon les participants, à renforcer les capacités des institutions et à mettre à leur disposition les outils nécessaires pour assumer efficacement leurs responsabilités. Les échanges mettent en avant la nécessité de formuler des recommandations stratégiques et des lignes de conduite claires, tout en favorisant le partage d’expériences avec d’autres pays africains.

À l’heure où les services numériques prennent une place prépondérante dans la vie quotidienne, les données personnelles — qu'il s'agisse d'informations d'identité, de données administratives ou de traces laissées en ligne — nécessitent des mécanismes de protection adaptés.

Pour les organisateurs et les participants, la sensibilisation des institutions et de la société civile constitue une étape incontournable pour faire connaître les droits numériques et les responsabilités de chacun. Entre l’adoption des textes et leur application effective, le défi demeure de transformer les dispositions juridiques en mécanismes concrets de protection des citoyens et de gouvernance responsable.

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