Rapatriement des réfugiés centrafricains au Tchad : la commission tripartite finalise son plan d'action
Réunis à N'Djamena, le Tchad, la Centrafrique et le HCR ont bouclé les travaux techniques encadrant le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains, en insistant sur la sécurité et la dignité du retour.
Par Abdelaziz Oumar
La cérémonie de clôture des travaux techniques entre les délégations tchadienne et centrafricaine et le Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), consacrés au rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Tchad, s'est déroulée ce mercredi 4 novembre 2026 au ministère des Affaires étrangères.
Deux ans après sa signature le 22 octobre 2024 à Bangui, la capitale centrafricaine, les signataires de l'accord tripartite visant à faciliter le rapatriement volontaire des réfugiés centrafricains vivant au Tchad se sont retrouvés à N'Djamena pour arrêter les modalités pratiques de sa mise en œuvre.
Dans son intervention, Josiane Lina Bemaka-Soui, ministre de l'Action humanitaire, de la Solidarité et de la Réconciliation nationale de la Centrafrique, a déclaré que 12 % des retournés spontanés enregistrés en Centrafrique en 2026 viennent du Tchad, soit plus de 770 000 personnes, et que l'attente reste forte. Elle a ajouté que, selon les enquêtes d'intention réalisées entre 2023 et 2025 au Tchad, plus de 60 000 Centrafricains ont exprimé le souhait de rentrer au pays. Depuis 2017, plus de 100 000 réfugiés centrafricains en provenance des pays limitrophes ont regagné leur pays, soit dans le cadre de convois facilités, soit par leurs propres moyens. « Ces chiffres témoignent de l'engouement actuel et de l'ampleur de l'espoir que suscite le retour », a souligné Josiane Lina Bemaka-Soui.
Le représentant résident du HCR au Tchad, M. Dossou Patrice Ahouansou, a souligné que les documents adoptés au terme de deux jours de travaux — notamment le règlement intérieur, les modalités pratiques relatives au rapatriement volontaire et le chronogramme — constituent désormais des outils nécessaires pour traduire leur volonté en action commune et concrète. Il a rappelé un principe fondamental : « Le rapatriement volontaire ne constitue une solution que lorsqu'il résulte d'une action libre et éclairée, et s'effectue dans la sécurité et la dignité. Aucune considération de calendrier, aucune contrainte opérationnelle et aucune ambition quantitative ne doivent nous éloigner de ces consignes. Notre responsabilité commune est de veiller à ce que chaque réfugié dispose d'informations fiables sur sa zone de retour, qu'il puisse décider sans pression et qu'il bénéficie des garanties de protection nécessaires tout au long du processus. »
La ministre de l'Action sociale, de la Solidarité et des Affaires humanitaires, Zara Mahamat Issa, par ailleurs présidente de la commission tripartite, a affirmé qu'au-delà des résultats techniques enregistrés, cette réunion revêt une importance politique et diplomatique particulière. Elle témoigne de la maturité du dialogue entre la Centrafrique et le Tchad et traduit une volonté politique affirmée de faire de la coopération bilatérale un instrument privilégié de prévention des crises, de consolidation de la paix, de renforcement de la confiance mutuelle et de rapprochement entre les deux peuples. Elle a également rappelé que les relations entre les deux nations reposent sur des liens historiques, géographiques, culturels, familiaux et économiques profondément enracinés. « Notre frontière commune est avant tout un espace de proximité, de brassage et de solidarité. Ces liens constituent un patrimoine commun précieux qui doit continuer à guider notre action et à inspirer notre engagement », a-t-elle insisté.
Elle a invité les structures compétentes des trois parties à maintenir une coordination étroite et permanente afin de traduire les conclusions de cette réunion en actions opérationnelles, insistant sur la nécessité d'une mobilisation soutenue des ressources. Pour elle, la prévisibilité des financements, la disponibilité des moyens logistiques et la complémentarité des interventions des partenaires seront déterminantes pour garantir la continuité et l'efficacité du processus.
Enfin, le communiqué final, qui consigne les conclusions et les engagements consensuels des trois parties adopté à l'issue des échanges, insiste sur le respect strict du caractère volontaire du retour, conformément aux principes internationaux et régionaux régissant la protection des réfugiés.