Réévaluer la lutte contre le terrorisme au Sahel : un appel du CEDPE
Le CEDPE critique les stratégies sécuritaires actuelles au Sahel et appelle à intégrer développement et éducation pour contrer le terrorisme, citant l'exemple de pays comme l'Algérie et le Maroc.
Selon le CEDPE, les approches exclusivement sécuritaires, militaires et fondées sur le renseignement ne peuvent produire des résultats durables. L’expérience de l’Afghanistan a démontré que même les plus grandes puissances militaires ne peuvent imposer une stabilité durable par la seule force.
Le CEDPE estime que l’une des principales erreurs commises dans la région réside dans la négligence des programmes de désarmement, de démobilisation, de réinsertion et de réhabilitation des anciens combattants ayant renoncé à la violence. L’organisation souligne également que l’expansion du terrorisme est étroitement liée aux déficits de gouvernance, au sous-développement, au chômage des jeunes et à la faible présence de l’État dans certaines zones périphériques.
À l’inverse, des pays comme l’Algérie, le Maroc, la Mauritanie et l’Égypte ont réussi à réduire significativement l’activité des groupes extrémistes grâce à une approche globale associant sécurité, développement économique, création d’emplois, éducation, formation et réinsertion socioprofessionnelle.
Le CEDPE appelle ainsi les dirigeants africains à intégrer aux réponses sécuritaires des politiques ambitieuses de développement, d’éducation, de création d’emplois et de réhabilitation des anciens combattants. Le maintien des approches actuelles sans réformes substantielles risque d’aggraver davantage la menace terroriste et d’alourdir le coût humain, économique et sécuritaire pour les populations africaines.
Enfin, le CEDPE encourage les États africains à soutenir les centres d’études et de recherche qui contribuent à la prévention des conflits et à la lutte contre l’extrémisme, estimant que la connaissance, la recherche et l’anticipation constituent des outils stratégiques essentiels pour faire face aux défis sécuritaires contemporains.