Réformes financières et stabilité monétaire : l'UMAC en réunion à N’Djamena
Le Comité ministériel de l'UMAC s'est réuni à N'Djamena pour discuter de la stabilité monétaire et des réformes financières, renforçant la coopération avec le FMI face aux incertitudes économiques mondiales.
Par Ahmad Youssouf Ali
N’Djamena, 22 juillet 2026 – Le Comité ministériel de l’Union monétaire de l’Afrique centrale (UMAC) a tenu aujourd'hui sa deuxième session ordinaire de l’année 2026 dans la capitale tchadienne. Cette rencontre, qui réunit les ministres des Finances des six États membres de la CEMAC, vise à examiner les principaux dossiers liés à la stabilité monétaire, financière et économique de la sous-région.
Dans un contexte international marqué par des incertitudes persistantes – conflits au Moyen-Orient, chocs sanitaires récurrents – les ministres ont passé en revue la conjoncture économique et financière de la CEMAC, les perspectives macroéconomiques, l’état des réserves de change, ainsi que les relations de coopération avec le Fonds monétaire international (FMI). Plusieurs réformes relatives au secteur financier régional figuraient également à l’ordre du jour.
Parmi les dossiers examinés figurent :
· la conjoncture économique et financière de la CEMAC ;
· les réserves de change et la réglementation des changes ;
· la coopération CEMAC-FMI ;
· le collectif budgétaire 2026 de la Banque centrale ;
· les réformes du secteur bancaire, les services de paiement et la médiation bancaire ;
· le rapport annuel 2025 de la COSUMAF (Commission de surveillance du marché financier de l’Afrique centrale) ;
· le dossier du GABAC (Groupe d’action contre le blanchiment d’argent en Afrique centrale).
À l’issue des travaux, le ministre des Finances et du Budget de la République centrafricaine, Hervé Ndoba, a rappelé que le Comité ministériel a pour habitude de se réunir tour à tour dans les différentes capitales de la CEMAC. Ces sessions statutaires sont systématiquement précédées d’un conseil d’administration de la Banque des États de l’Afrique centrale (BEAC), garantissant ainsi une articulation cohérente entre les orientations politiques et les décisions opérationnelles.
Interrogé sur les réformes macroéconomiques et budgétaires menées dans les États membres, M. Ndoba a indiqué que celles-ci, bien que conduites à l’échelle nationale, sont consolidées au niveau régional. Selon lui, les indicateurs de santé économique et financière de la sous-région restent satisfaisants, malgré les chocs exogènes auxquels la BEAC est confrontée.
Il a souligné que les paramètres de stabilité monétaire, d’inflation et de croissance sont en nette amélioration. S’agissant du collectif budgétaire de la Banque centrale pour 2026, le ministre a précisé qu’il a été adopté par le Comité, avec une variation de +0,2 % par rapport au budget initial, un impact jugé non significatif. Les présentations des rapports des différentes institutions ont également été validées.
Sur le volet de la coopération avec le FMI, le ministre a rappelé que celle-ci est ancienne et se poursuit dans le cadre des échanges réguliers du Comité ministériel. Il a notamment fait état de la restitution de la mission du FMI récemment dépêchée dans la sous-région.
« Une résolution a été prise pour que la CEMAC, accompagnée des représentants des États, se rapproche du FMI afin de poursuivre les discussions et de partager les évolutions du cadre macroéconomique et budgétaire. L’objectif est d’avancer vers la reprise des programmes avec le FMI pour les États dont les programmes arrivent à échéance, et d’engager de nouvelles négociations pour ceux qui en ont besoin », a expliqué le ministre centrafricain.
Cette session ordinaire du Comité ministériel de l’UMAC confirme la volonté des États membres de renforcer la gouvernance économique et financière régionale, tout en consolidant les partenariats internationaux, notamment avec le FMI. Les prochaines étapes devraient permettre d’affiner les réformes engagées et d’assurer une meilleure résilience de la CEMAC face aux chocs extérieurs.