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Réintroduire la culture tchadienne à l'école : un enjeu de cohésion nationale

La culture tchadienne pourrait devenir une matière scolaire pour renforcer la tolérance et la cohésion nationale, en s'inspirant des traditions de Fort-Lamy. Un enjeu crucial pour la jeunesse actuelle.

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Réintroduire la culture tchadienne à l'école : un enjeu de cohésion nationale

Par Idriss Abdelkerim

Et si la culture tchadienne devenait une véritable matière enseignée dans les écoles ? La question mérite d’être posée à l’heure où la jeunesse semble parfois s’éloigner des valeurs traditionnelles de tolérance, de solidarité et de cohabitation pacifique qui caractérisaient autrefois la société tchadienne.

À l’époque de Fort-Lamy, les différentes communautés vivant dans la ville se retrouvaient régulièrement autour de leur culture. Chaque samedi, selon les témoignages de certains anciens, des membres de différentes ethnies se réunissaient pour présenter leurs danses traditionnelles, leurs chants, leurs coutumes et leurs savoir-faire. Ces rencontres constituaient non seulement des moments de divertissement, mais aussi des occasions de mieux se connaître et de renforcer les liens entre les communautés.

Malgré leurs différences culturelles et linguistiques, les populations partageaient un même espace et développaient un sentiment d’appartenance à une communauté plus large. La diversité n’était pas forcément perçue comme une menace, mais comme une richesse à découvrir et à partager.

Aujourd’hui, plusieurs observateurs s’interrogent sur l’évolution des mentalités chez les jeunes. Les divisions communautaires, les préjugés et certaines formes de rejet de l’autre semblent parfois prendre davantage de place dans les relations sociales. Face à cette situation, l’école pourrait jouer un rôle essentiel.

Introduire une matière consacrée à la culture et à l’histoire des communautés tchadiennes dans les programmes scolaires pourrait contribuer à rapprocher les jeunes. Cette matière pourrait aborder les différentes ethnies, langues, traditions, danses, musiques, contes, valeurs sociales et pratiques culturelles du pays.

L’objectif ne serait pas de mettre une communauté en avant par rapport à une autre, mais de permettre à chaque élève de découvrir la richesse culturelle de son pays et de respecter celle des autres.

Des activités pratiques pourraient également être organisées dans les établissements : journées culturelles, danses traditionnelles, contes, expositions, rencontres avec des anciens et échanges entre élèves issus de différentes communautés.

Le souvenir de Fort-Lamy évoqué par certains anciens peut ainsi servir de source d’inspiration. À travers les rencontres culturelles et la vie communautaire, les populations apprenaient à se connaître et à vivre ensemble malgré leurs différences. Aujourd’hui, le défi consiste peut-être à adapter cet héritage aux réalités de la jeunesse actuelle. La modernité ne devrait pas nécessairement signifier l’abandon des valeurs culturelles qui favorisent la paix.

Enseigner la culture tchadienne à l’école pourrait donc être plus qu’une simple transmission de traditions : ce serait aussi une manière d’éduquer à la tolérance, au respect de l’autre et à la cohésion nationale.

Car avant d’être issus de communautés différentes, les jeunes Tchadiens sont d’abord les citoyens d’un même pays. Et connaître la culture de l’autre peut être le premier pas vers une meilleure compréhension mutuelle.

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