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Réseaux sociaux : le paradoxe de la critique au Tchad

Les réseaux sociaux tchadiens sont le théâtre de conflits personnels et de critiques mal acceptées, révélant un malaise structurel et freinant l'évolution démocratique du pays.

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Réseaux sociaux : le paradoxe de la critique au Tchad

Par Ahmad Youssouf Ali

La tempête de dénonciations, de mises en garde et de règlements de comptes personnels qui agite nos autorités parlementaires sur les réseaux sociaux coïncide en grande partie avec la période des vacances. Pourtant, au lieu de consacrer ce temps libre à une réflexion profonde sur les dossiers nationaux, nos élus s’adonnent à des piques et des taquineries mutuelles, transformant l’espace public en une scène de règlements d’intérêts particuliers.

Un symptôme profond : l’intolérance à la critique

Cette effervescence révèle un malaise structurel : les autorités tchadiennes n’apprécient guère la critique. Plus largement, une grande partie de la population perçoit celle-ci non pas comme un outil de progrès, mais comme une menace directe pour l’ego ou pour l’institution représentée. Ce manque d’esprit critique freine l’évolution des mentalités et empêche toute remise en question salutaire.

La critique constructive, pilier démocratique

Pourtant, la critique est un mécanisme vertueux. Elle permet à l’autre de se corriger et, dans un pays qui se réclame de la démocratie, elle en renforce les fondements. Avoir l’esprit critique, c’est remettre en question ses certitudes et élaborer de nouvelles idées à partir de son propre savoir, plutôt que d’attendre passivement que les autres nous « aident » ou nous « conseillent ». Une critique est utile lorsqu’elle reste constructive : formulée avec respect, étayée par des faits précis et dénuée d’intention humiliante, elle aide à identifier ses angles morts et à ajuster ses actions pour s’améliorer.

Les acteurs qui dérangent et les intérêts menacés

Dans ce contexte, certaines personnalités – sans avoir à les nommer – ont su gagner le soutien des Tchadiens en adoptant des méthodes de communication directes et proches des préoccupations citoyennes. Cette proximité nouvelle est perçue par d’autres comme une menace pour leurs intérêts établis. La peur de perdre des privilèges ou de l’influence alimente ainsi les attaques et les tentatives de délégitimation.

Hélas, nous en sommes arrivés à un point où les autorités refusent d’admettre leurs propres failles. Pour rectifier le tir, au lieu de s’interroger sur leur gestion, elles préfèrent envenimer les débats et exacerber les tensions, espérant ainsi influencer les plus hautes instances. Ce comportement, loin de consolider les institutions, ne fait que souligner leur fragilité et éloigne un peu plus la classe politique d’une véritable culture démocratique.

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