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# Responsabilité citoyenne : au-delà de l'État, le devoir d'agir de chaque citoyen
- URL: https://www.alwihdainfo.com/responsabilite-citoyenne-au-dela-de-letat-le-devoir-dagir-de-chaque-citoyen/
- Published: 2026-08-26T09:30:20.000Z
- Updated: 2026-08-26T09:30:20.000Z
- Description: Le développement d'un pays ne dépend pas seulement de l'action de l'État, mais aussi de la discipline et de l'engagement quotidien de chaque citoyen pour préserver la chose publique.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Barra Lutter**

Il est facile d'exiger tout de l'État : des routes, de l'eau, de l'électricité, des écoles, des hôpitaux et des villes propres. Mais une nation ne se construit pas uniquement dans les bureaux de l'administration. Elle s'édifie aussi dans les comportements quotidiens de ses habitants. Du Rwanda au Ghana, en passant par le Sénégal et le Maroc, plusieurs expériences démontrent que le développement repose également sur une citoyenneté active, disciplinée et responsable.

Au Tchad, la critique de l'État est devenue un réflexe national. Une route est dégradée ? C'est la faute des autorités. Un quartier est insalubre ? C'est à la mairie d'agir. Les caniveaux sont bouchés ? L'État doit intervenir. Les déchets envahissent les rues ? Les pouvoirs publics sont immédiatement désignés comme responsables. Ces critiques sont souvent légitimes. L'État a des obligations impératives : il doit fournir des services publics, faire respecter les lois et créer les conditions nécessaires à l'essor du pays. Mais une question dérangeante mérite d'être posée : quelles sont nos propres obligations ?

Une route nouvellement construite ne restera pas longtemps en bon état si elle est transformée en marché improvisé. Un caniveau ne peut fonctionner lorsqu'on y déverse quotidiennement des détritus. Une ville ne peut être propre si chacun considère la voie publique comme une poubelle. Le développement commence donc aussi par une bataille contre nos propres mauvaises habitudes.

Rwanda : quand la propreté devient une affaire collective

À Kigali, la propreté urbaine est érigée en culture civique. Les citoyens participent activement à l'entretien de leur environnement, tandis que les autorités appliquent des règles strictes contre les incivilités. Le pays a notamment institutionnalisé l'Umuganda, une journée mensuelle de travaux d'intérêt collectif.

La leçon à retenir n'est pas qu'il faille copier mécaniquement ce modèle, mais plutôt que l'État peut mobiliser une société autour d'une idée fondamentale : la chose publique appartient à tous. Une philosophie qui pourrait s'appliquer aux quartiers, aux marchés, aux écoles et aux espaces verts tchadiens.

Ghana, Sénégal et Maroc : la force de l'initiative privée et associative

Au Ghana, le développement s'appuie sur une forte implication du secteur privé, des entrepreneurs et de la société civile. L'État n'est pas le seul employeur ; des citoyens créent des entreprises, innovent dans l'agriculture et investissent dans les technologies. Un pays ne peut attendre indéfiniment que l'administration crée tous les emplois.

Au Sénégal et au Maroc, les associations, les coopératives et les initiatives locales jouent un rôle majeur dans l'éducation, la santé, l'environnement et la création de revenus. Ces dynamiques rappellent que l'État ne saurait être l'unique moteur du développement.

Le Tchad face à ses contradictions

Il est vain de réclamer une ville moderne tout en piétinant les règles élémentaires de la vie en communauté. Il est inutile de demander davantage d'infrastructures si une partie de la population les détruit ou de dénoncer la corruption tout en cherchant à contourner les procédures.

La citoyenneté se mesure aux petits gestes : respecter les biens publics, ne pas jeter de déchets sur la voie pavée, payer ses impôts, refuser la corruption, protéger les équipements collectifs et respecter les plus vulnérables. Le développement d'un pays est la somme de ces comportements ordinaires.

 L'État doit agir, le citoyen aussi

Il serait dangereux d'utiliser la responsabilité citoyenne pour exonérer l'État de ses devoirs. Un citoyen ne peut bâtir seul un hôpital ou un réseau électrique. Mais l'inverse est tout aussi vrai : un gouvernement ne peut bâtir durablement un pays contre ses citoyens.

Le Tchad a besoin d'une nouvelle culture du développement, comptant moins de spectateurs et davantage d'acteurs. La question n'est donc plus seulement de savoir ce que l'État fait pour nous, mais aussi ce que nous faisons, nous-mêmes, pour notre pays. C'est de cette double exigence que naîtra véritablement le développement durable.