Santé maternelle au Tchad : un nouvel élan pour le misoprostol
Un atelier au Tchad a renforcé l'usage du misoprostol pour réduire la mortalité maternelle. Les acteurs s'engagent à transformer les recommandations en actions concrètes pour sauver des vies.
Par Abdel- Nasser
Le rideau est tombé le 26 juin 2026 sur deux journées de concertation stratégique dédiées à la réduction de la mortalité maternelle. L'atelier de plaidoyer, organisé par l'ONG OASIS dans le cadre du projet « Sauver la vie des mères », a permis de consolider une approche nationale autour de l'utilisation du misoprostol dans la prise en charge des hémorragies du post-partum (HPP) et des soins après avortement (SAA).
Représentant le Ministère de la Santé Publique, Dr Aché Danama Kadre, Directrice adjointe de la Santé de la Reproduction, a officiellement clôturé les travaux.
Une synergie d'acteurs pour une urgence de santé publique
Cet atelier a réuni les décideurs du Ministère de la Santé Publique, les sociétés savantes – notamment les gynécologues et les sages-femmes – ainsi que les partenaires techniques et financiers. Tous partagent le même constat : l'hémorragie du post-partum demeure l'une des principales causes de décès maternels évitables au Tchad.
Madame DOUGSSA Rita, Responsable pays de l'ONG OASIS, a rappelé la philosophie du projet : « Derrière chaque décès maternel évitable se cache une urgence, mais également une possibilité de sauver une vie lorsque les interventions appropriées sont disponibles et mises en œuvre à temps. » Elle a insisté sur le fait que la réussite du projet repose sur un maillage solide entre les institutions publiques, les prestataires de terrain et les communautés.
L'engagement formel du Ministère de la Santé
En saluant la qualité des réflexions, elle a souligné que si le misoprostol est un outil précieux, notamment dans les zones à ressources limitées, son efficacité est conditionnée par un cadre rigoureux.
« Son efficacité dépend d'un environnement favorable, fondé sur des protocoles harmonisés, des prestataires bien formés et une disponibilité continue des médicaments essentiels », a précisé le Dr Aché Danama Kadre. Elle a réaffirmé la volonté du gouvernement de transformer ces recommandations en une feuille de route opérationnelle pour les districts sanitaires.
Un impact mesurable sur le terrain
Le message est clair : les conclusions de cet atelier ne doivent pas rester lettre morte. Les deux intervenantes ont insisté sur l'impératif de passer à l'action. Le succès ne se mesurera pas à la qualité des rapports, mais à des indicateurs concrets :
- La montée en compétence des prestataires de santé.
- La disponibilité accrue du misoprostol dans les structures de santé.
- La réduction effective du taux de mortalité maternelle liée aux hémorragies.
Le projet « Sauver la vie des mères », porté par l'ONG OASIS avec l'appui de partenaires comme DKT, s'inscrit désormais dans une dynamique de pérennisation. En quittant la salle, les participants ont emporté avec eux l'engagement solennel de faire de chaque naissance une expérience sans drame, plaçant la santé des femmes tchadiennes au cœur des priorités nationales.