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# Serviteurs de l'État au Tchad : l'interminable parcours du combattant de la retraite
- URL: https://www.alwihdainfo.com/serviteurs-de-letat-au-tchad-linterminable-parcours-du-combattant-de-la-retraite/
- Published: 2026-09-13T08:05:26.000Z
- Updated: 2026-09-13T08:05:26.000Z
- Description: Après avoir consacré leur vie au service de l'État, des milliers de retraités tchadiens font face à la précarité et aux retards chroniques de paiement de leurs pensions.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad, Société

**Par Katchibé Mapagne**

Ils ont consacré l'essentiel de leur vie au service de l'État et de la population. Enseignants, agents de santé, administrateurs, techniciens, militaires et fonctionnaires : pendant des décennies, ils ont fait fonctionner les services publics et porté le développement du pays.

Aujourd'hui, beaucoup d'entre eux vivent une situation qui interpelle.

Après des années de labeur, nombre de retraités se retrouvent confrontés aux retards de paiement, aux arriérés de pensions et à la précarité quotidienne. Des revendications qui ne sont pas nouvelles et qui reviennent sans cesse dans le débat public.

Ils ont travaillé hier. Ils devraient pouvoir vivre dignement aujourd'hui.

La retraite ne devrait pas être synonyme d'abandon, d'attente interminable ou d'incertitude. Elle devrait être le temps de la moisson, celui où celui qui a servi la collectivité peut enfin récolter le fruit de ses années de travail.

Durant leur vie active, ces hommes et ces femmes ont souvent dû se serrer la ceinture. Ils ont travaillé dans des conditions parfois extrêmement difficiles, assuré la continuité de l'État, accompagné plusieurs générations. Certains ont formé nos enfants, soigné nos familles, administré nos communautés ou assuré la sécurité du pays.

Mais lorsque la pension tarde, c'est toute une famille qui est fragilisée. Le retraité doit continuer à payer son loyer, se nourrir, se soigner et, bien souvent, soutenir encore ses enfants et ses petits-enfants. À cet âge, l'attente devient un fardeau encore plus lourd.

C'est le cas de Mahamat Saleh, 68 ans, instituteur à la retraite. Après 34 ans passés dans les salles de classe de Moundou, puis de N'Djamena, il attend aujourd'hui sa pension du deuxième trimestre.

"J'ai enseigné à trois générations. Aujourd'hui, je me lève à 5 heures du matin pour aller faire la queue à la CNPS. On nous dit de revenir la semaine prochaine. Mais le loyer, lui, n'attend pas la semaine prochaine. Et mes médicaments pour la tension non plus. Ce n'est pas de l'argent qu'on nous donne, c'est notre argent. On a travaillé pour ça."

Son histoire n'est pas isolée. Elle est celle de milliers d'autres.

Les revendications des retraités doivent être considérées comme une question sociale majeure. Il ne s'agit pas seulement du paiement régulier des pensions, mais de dignité, de reconnaissance et de respect dû à celles et ceux qui ont servi la Nation.

Des réformes ont été engagées autour de la gestion des retraites, avec pour objectif affiché d'améliorer la situation des pensionnés. Mais au-delà des réformes administratives, une exigence fondamentale demeure : que le retraité puisse percevoir ses droits dans les délais et vivre sa vieillesse dans la dignité. Il ne suffit pas de rendre hommage aux anciens dans les discours. Il faut aussi leur garantir leurs droits dans les faits.

Ils ont donné leurs plus belles années au Tchad. À la société et à l'État, de leur donner la possibilité de vivre leurs années de vieillesse dans la dignité, la sécurité et la tranquillité.