Souvenirs des Fêtes d'Indépendance au Tchad : un retour aux années 1970
Hassa Lago se remémore les festivités riches en culture et en rencontres du 11 août au Tchad, soulignant leur déclin actuel et l'importance de raviver ces traditions pour les générations futures.
Par Elwood Dk
Hassa Lago, enseignant de formation, se souvient des anciennes fêtes de l’indépendance du 11 août 1960. À l’occasion de la fête de l’indépendance du Tchad, célébrée chaque 11 août, retour sur les souvenirs des grandes festivités d’autrefois à Sarh.
Hassa Lago rappelle à la nouvelle génération l’ambiance populaire et la richesse culturelle qui entouraient autrefois cette importante date de l’histoire nationale. Né en 1964, quatre ans après l’indépendance du Tchad, Hassa Lago, professeur de français au Lycée Technique Industriel de Sarh, garde surtout en mémoire les fêtes des années 1970. À cette époque, explique-t-il, les festivités étaient parfois célébrées au mois de janvier à cause des fortes pluies du mois d’août.
Entre les années 1973 et 1975, Sarh accueillait de nombreuses personnes venues de plusieurs localités de l’ancien Grand-Moyen-Chari, notamment de Kyabé, Maro, Bedaya, Bessada et Koumra. "Dès les 8, 9 et 10 janvier, les rues de Sarh devenaient très animées. Les festivités se poursuivaient jusqu'au jour de la fête et rassemblaient une importante foule. À la Place de l’Indépendance, plusieurs jeux étaient organisés pour les enfants et les adultes. Parmi ces jeux, les participants avaient les yeux bandés et devaient casser une jarre suspendue à l’aide d’un bâton. Les jarres pouvaient contenir des cadeaux, ce qui rendait le jeu encore plus intéressant", se souvient-il.
Il ajoute que d’autres animations consistaient à placer des objets ou des cadeaux sur un tronc ou un support rendu difficile à atteindre. Les participants devaient alors faire preuve d’adresse pour récupérer les cadeaux. Mais, selon Hassa Lago, ce qui faisait surtout la beauté de ces festivités, c’était la culture. Les populations découvraient des danses traditionnelles venues de différentes communautés. La fête devenait ainsi un moment de rencontre. « Les fêtes pouvaient durer deux, trois, voire quatre jours. Sarh vivait une véritable période de rassemblement, de divertissement et de découverte culturelle », souligne-t-il.

Comparant cette période à aujourd’hui, l’enseignant estime que la célébration du 11 août a progressivement perdu de son éclat et de sa beauté festive et riche en couleurs. Pour lui, la fête de l’indépendance se limite désormais, dans plusieurs cas, aux cérémonies officielles, aux défilés militaires et aux prises d’armes. Il évoque notamment l’arrivée d’autres dates commémoratives qui ont, selon lui, pris davantage d’importance dans les programmes nationaux.
"L’indépendance du Tchad est avant tout un événement historique et politique qui devrait également être marqué par des activités permettant à la population de se retrouver et de mieux connaître son histoire. Nous devons valoriser nos danses traditionnelles afin de permettre à la nouvelle génération de mieux connaître et apprécier le patrimoine culturel du pays", dit-il.
Pour finir, Hassa Lago précise que retrouver cette dimension festive et culturelle des années passées pourrait contribuer à redonner au 11 août une place plus importante dans la mémoire collective de tous les Tchadiens.