Système de santé au Tchad : le ministre défend la gratuité des soins et en rappelle les limites

Devant les sénateurs, le ministre de la Santé publique, Dr Abdelmadjid Abderahim, a rappelé les limites de la gratuité des soins au Tchad, recentrée sur les urgences.

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Système de santé au Tchad : le ministre défend la gratuité des soins et en rappelle les limites
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Par Temandang Gontran

Lors de son intervention devant les sénateurs ce vendredi 6 novembre 2026, le ministre de la Santé publique, le Dr Abdelmadjid Abderahim, a apporté des précisions sur la politique de gratuité des soins au Tchad, tout en répondant aux préoccupations soulevées quant au fonctionnement du système de santé.

Le ministre a rappelé que la gratuité des soins ne constitue pas une prise en charge totale et permanente, mais un mécanisme de financement mis en place par l'État. Selon lui, cette politique a été instaurée en 2007 à Kyabé par le défunt maréchal Idriss Déby Itno, avant d'être progressivement étendue à l'ensemble du territoire national pour couvrir initialement 48 pathologies.

Il a toutefois expliqué que les difficultés économiques consécutives à la crise de 2014-2016, marquée notamment par la chute des prix du pétrole, ont conduit les autorités à réajuster les modalités de ce dispositif.

« La gratuité a été recadrée », a-t-il déclaré, précisant qu'un document de consensus validé à l'époque par les représentants de la nation en définit désormais le champ d'application.

D'après le ministre, la gratuité concerne essentiellement la prise en charge des situations d'urgence et de la période critique du traitement. Une fois cette phase passée, la continuité des soins est assurée par les familles, conformément à la politique de recouvrement des coûts adoptée par le pays.

« Tous les États fonctionnent aujourd'hui selon ce principe. L'État providence est terminé. Cela n'existe pratiquement nulle part », a-t-il affirmé.

Abordant ensuite la question des ressources humaines, le ministre a estimé qu'il était normal que les professionnels de santé soient rémunérés pour leur travail. « Il n'y a pas de mercenaires », a-t-il lancé en réponse aux critiques formulées sur les prestations des agents de santé.

Cette intervention s'inscrivait dans le cadre d'échanges relatifs aux défis du système sanitaire tchadien, alors que le pays fait face à la maladie de dengue, et visait à éclairer les sénateurs sur les mécanismes de financement destinés à améliorer l'accès aux soins.