Tchad : à Abéché, une citoyenne sollicite l’intervention des plus hautes autorités dans un litige foncier
Mme Hinda Adoum Ousman a lancé un appel aux plus hautes autorités du pays, notamment au Président de la République, Chef de l'État, afin d'intervenir dans un litige foncier portant sur une parcelle de terrain héritée de leur défunte mère.
Selon ses déclarations, ce terrain d'une superficie de quatre hectares aurait été acquis il y a 53 ans par leur mère, Fatimé Mahamat Saleh Barka, pour un montant de 10 000 francs CFA. Situé dans le village Abcharak, aujourd'hui devenu quartier résidentiel sur la route de Goz Beïda, le terrain constituerait un héritage destiné à trois filles de la défunte : Hinda Adoum Ousman, Hawa Adoum et Zara Ahmat Sambo.
Mme Hinda affirme que la parcelle aurait été occupée de force par un agent de l'État. Elle demande aux autorités compétentes de faire toute la lumière sur cette affaire et de rétablir les droits qu'elle estime être ceux des héritières légitimes.
Dernier développement : une ordonnance de suspension des travaux
Le dossier a connu une avancée judiciaire. Le Tribunal de Grande Instance d'Abéché a rendu, le 12 juin 2026, une ordonnance sur requête dans l'affaire opposant Hinda Adoum à au moins deux autres individus.
Dans cette décision, le Président du Tribunal, Mahamat Adoum Dabolong, retient que la défunte mère de la requérante, Fatimé Mahamat Saleh, avait acquis le terrain litigieux par achat auprès d'Ina Am-Sakhayir le 14 mai 1973, et qu'elle l'avait exploité à des fins agricoles jusqu'à son décès en 2000. La requérante affirme en avoir hérité par succession.
Le tribunal relève que des individus ont entrepris des travaux de construction sur ce terrain, en faisant valoir qu'ils l'auraient obtenu par attribution de l'État. Un constat des lieux a été dressé à cet effet par l'étude de Moubane Pahimi Zoutenet, le 1er juin 2026.
Jugeant la demande fondée et l'urgence établie, le tribunal a ordonné la suspension des travaux de construction sur le terrain de quatre hectares, situé au quartier Résidentiel d'Abéché. L'ordonnance précise qu'elle est exécutoire sur minute et avant enregistrement, les dépens étant mis à la charge de la requérante.