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# Tchad : à Ati, la sécheresse met toute une région sous tension
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-a-ati-la-secheresse-met-toute-une-region-sous-tension/
- Published: 2026-10-01T15:30:00.000Z
- Updated: 2026-10-01T15:29:59.000Z
- Description: Dans la région d’Ati, au Tchad, la rareté des pluies plonge agriculteurs, éleveurs et commerçants dans une détresse profonde, menaçant la sécurité alimentaire de toute la population.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Gloria Ronel**

À Ati et dans les localités environnantes du Batha-Ouest, la rareté des pluies ne se résume plus à une mauvaise saison agricole. Elle bouleverse les récoltes, décime les troupeaux, complique l’accès à l’eau et fragilise durablement les familles. Sur le terrain, les témoignages racontent une population qui s'interroge sur son avenir immédiat.

Dans des villages tels qu’Alhimedié, Itéchané, Mankala, Amsawassil Harazay, Amkachao, Dangoma, Bougo et Amyane, l’absence de précipitations se lit sur les visages, dans les champs abandonnés et dans les marchés où plane la crainte d’une hausse des prix. Pour une population largement dépendante de l’agriculture et de l’élevage, la pluie est une condition de survie.

Dans un champ d’Alhimedié, Abdoulaye contemple ses semences anéanties. « Il serait difficile pour nous cette année de pourvoir aux besoins de nos familles et nous ne savons à quel saint nous vouer. Que le gouvernement nous vienne en aide », confie cet agriculteur d'une quarantaine d'années. Une perte qui compromet des mois de travail.

A quelques kilomètres de là, Ali, propriétaire de quelque 10 000 têtes de bétail à Mankala, fait face à la raréfaction des pâturages. Ses animaux dépérissent. « Nous avons de la peine à nourrir notre bétail compte tenu du manque de pâturage et nos bétails meurent de faim. Du jour au jour nous les perdons et cela va avoir des conséquences sur la sécurité alimentaire nationale », alerte-t-il.

À Amkachao, Zara Mahamat, mère de cinq enfants, décrit le calvaire quotidien de l'accès à l'eau. Assise près d'un puits, elle témoigne : « Nous avons imploré le ciel pour la pluie, mais rien n'a changé. Nous avons du mal à nous nourrir, à avoir de l'argent, même de l'eau pour boire. Nous faisons des kilomètres pour nous en procurer. Notre condition de vie est vraiment difficile. »

Au marché d’Ati, l'inquiétude gagne aussi les commerçants. Ali Moussa explique : « Quand les agriculteurs ne récoltent rien, nous, les commerçants, encaissons également les coups et cela se répercute sur la vie de la population, qui à son tour souffre. » La peur d'une flambée des prix des produits de première nécessité est désormais palpable.

Face à cette crise globale — agricole, pastorale et économique —, les habitants attendent des réponses concrètes. Au-delà de l'urgence humanitaire, la situation appelle des solutions durables : sécurisation de l'accès à l'eau, soutien aux éleveurs et aux agriculteurs, et développement de moyens de subsistance résilients face aux aléas climatiques.