Tchad : à Gaoui, un forage solaire pour améliorer l’accès à l’eau potable des populations vulnérables
L'ONG House of Africa a inauguré un forage solaire sur le site des réfugiés de Gaoui, soutenu par la BID. Cette infrastructure offre un soulagement durable à près de 1 000 ménages.
Par Khadidja Oumar Abdoulaye
L’association humanitaire House of Africa a procédé, ce vendredi 4 septembre 2026, à l’inauguration et à la réception d’un forage équipé d’un système de pompage solaire sur le site des retournés et des réfugiés de Gaoui. Soutenue financièrement par la Banque islamique de développement (BID), cette infrastructure entend apporter une réponse durable aux difficultés d’accès à l’eau potable qui affectent les familles depuis plusieurs années.
La cérémonie officielle a réuni plusieurs responsables et acteurs concernés, notamment Sa Majesté le Sultan de Gaoui, chef de la chefferie traditionnelle, le maire du 8e arrondissement, le représentant de la Commission nationale d’accueil, de réinsertion des réfugiés et des rapatriés (CNARR), ainsi que des représentants de la Banque islamique de développement, des retournés, des réfugiés et des communautés hôtes.
Dans son allocution, le président de House of Africa, Abdelbaki Bachar Bong, a rappelé que l’accès à l’eau potable constitue un besoin fondamental et un levier essentiel de développement. Pour les populations de Gaoui, ce forage solaire représente une réponse concrète aux difficultés quotidiennes liées à l’approvisionnement en eau.
Il a également souligné qu’au-delà de la consommation, l’accès à une eau de qualité joue un rôle crucial dans l’hygiène, la prévention des maladies et la protection des familles. Dans les communautés vulnérables, un approvisionnement régulier contribue à améliorer les conditions de vie et à réduire les risques sanitaires.
Le président a réaffirmé que le forage solaire est destiné aux retournés, aux réfugiés et aux populations de la communauté hôte. Sa réalisation s’inscrit dans une démarche visant à répondre aux besoins essentiels des habitants et à renforcer la cohésion sociale.
Il a en outre évoqué que l’ouvrage contribue à la mise en œuvre des Objectifs de développement durable, notamment l’ODD 6, consacré à l’accès universel à l’eau potable et à l’assainissement. Le recours à l’énergie solaire constitue une solution adaptée aux réalités locales et permet d’envisager un service plus durable et résilient.
Pour House of Africa, la mise en service de ce forage ne constitue toutefois qu’une première étape. La pérennité de l’infrastructure dépendra de sa bonne gestion, de son entretien régulier et de l’implication des communautés bénéficiaires.
Cependant, l’un des principaux messages de la cérémonie a porté sur la nécessité de préserver l’ouvrage. L’association a invité les bénéficiaires à respecter les règles d’utilisation et d’entretien du forage afin de limiter les pannes et d’assurer son fonctionnement dans la durée.
La mise en place d’un mécanisme local de gestion apparaît également indispensable. Une gestion inclusive, associant les représentants des retournés, des réfugiés, des communautés hôtes, des femmes et des jeunes, favorisera un accès équitable à la ressource.
Cette organisation contribuera aussi à prévenir les tensions liées à l’utilisation de l’eau et à faire du forage un outil de solidarité entre les différentes communautés.
À travers cette réalisation, House of Africa appelle les autorités, les partenaires et les communautés à poursuivre les efforts en faveur de l’accès à l’eau potable. L’association estime que les infrastructures hydrauliques doivent être accompagnées d’actions de sensibilisation et d’un dispositif efficace d’entretien.
« Ce forage apporte durablement de l’eau, de la santé, de la dignité et de l’espoir aux populations de Gaoui », a déclaré le président de House of Africa, insistant sur le fait que le succès du projet dépendra de la capacité des bénéficiaires à le protéger.
Un soulagement immense pour les habitants
Intervenant à son tour, le président du site de Gaoui, Moussa Bachir, a fait part du soulagement immense des habitants. Cet événement marque un tournant décisif pour ce camp, ouvert en janvier 2014, qui abrite aujourd'hui plus de 1 200 familles — soit plus de 4 000 personnes — réparties dans plus de 700 tentes.
Pendant des années, l'accès à l'approvisionnement en eau potable a représenté une épreuve quotidienne particulièrement lourde pour les familles, les femmes et les enfants du site. Désormais, cette infrastructure moderne vient transformer le quotidien de près de 1 000 ménages.
La concrétisation de ce projet a été saluée par les représentants de la communauté locale, qui ont exprimé leur profonde gratitude envers les partenaires impliqués :
- La Banque islamique de développement (BID), pour son appui financier essentiel ;
- L’ONG House of Africa, pour son engagement indéfectible mené jusqu'à la réalisation des travaux ;
- La CNARR et les autorités locales, pour leur accompagnement constant auprès des réfugiés et retournés.
Malgré cette avancée majeure, le comité de gestion du site de Gaoui, à travers un mémorandum daté du 3 mars 2026, a profité de l'occasion pour soumettre une liste de doléances urgentes aux autorités et aux ONG :
- Infrastructures et santé : La réhabilitation des latrines, du forage à pompe, des tentes, ainsi que la mise en place d'une structure sanitaire ;
- Éducation : La réhabilitation et l'équipement de l'école, accompagnés d'une distribution de kits scolaires ;
- Aide humanitaire : La distribution de vivres aux différents ménages ;
- Volet cultuel : La réhabilitation de la mosquée et son équipement en nattes, ventilateurs, mambar pour l'imam, mégaphores et panneaux solaires ;
- Autonomisation : La mise en place de formations professionnelles pour les jeunes et le financement d'activités génératrices de revenus (AGR) pour les femmes et les hommes.
Un partenariat salué par les coordinateurs
Le coordonnateur du projet, Youssouf Allah Fouza Mht, a rappelé que le site de Gaoui accueille aujourd’hui près de 1 000 ménages de retournés et de réfugiés. Il a précisé que les travaux, démarrés le 20 août dernier, ont été conduits avec rigueur et diligence dans le respect des délais et des normes techniques.
De son côté, la responsable des affaires humanitaires de la CNARR, Hassan Ousman Kossi, a salué la réalisation de ce forage solaire. Elle a souligné que cette infrastructure contribuera à améliorer la santé, l’hygiène et les conditions de vie des populations vulnérables, tout en encourageant la poursuite d’initiatives humanitaires similaires.
Khadidja Oumar Abdoulaye