Tchad : à N'Djamena, des jeunes basketteurs rêvent d'une place sur la scène africaine
À N'Djamena, de jeunes basketteurs participent à un camp d'élite pour représenter le Tchad à l'AfroBasket U18. Malgré des défis, l'initiative marque un pas vers la reconstruction du basketball tchadien.
Par Katchibé Mapagne
À N'Djamena, la Fédération Tchadienne de Basketball mise sur sa jeunesse pour écrire une nouvelle page de son histoire. À quelques mois des éliminatoires de l'AfroBasket U18 Zone IV prévues à Malabo, en Guinée équatoriale, une trentaine de jeunes joueurs de moins de 18 ans ont été convoqués dans la capitale pour un Elite Camp de présélection nationale. Objectif : identifier les seize meilleurs profils capables de défendre dignement les couleurs du Tchad sur la scène continentale.
Des jeunes basketteurs venus de plusieurs provinces, notamment Moundou, Sarh, Doba, Abéché et Mongo, ont répondu à l'appel. Chaque ligue provinciale devait présenter plusieurs joueurs nés entre 2008 et 2009, offrant ainsi au staff technique un panorama représentatif du potentiel national. Après plusieurs jours d'évaluations physiques, techniques et tactiques, seize joueurs ont finalement été retenus pour poursuivre le stage final.
Sur le parquet, l'envie ne manque pas. Les séances de travail mettent l'accent sur la condition physique, la vitesse d'exécution, la discipline tactique, l'adresse au tir et la cohésion collective. Beaucoup de ces jeunes nourrissent déjà de grandes ambitions : défendre les couleurs nationales dans les grandes compétitions africaines, voire intégrer un jour des académies ou des clubs professionnels à l'étranger.
Malgré cet enthousiasme, les insuffisances restent visibles. Le manque d'expérience internationale, certaines lacunes techniques et des difficultés dans la lecture du jeu confirment que le basketball tchadien est encore en phase de construction. Les entraîneurs cherchent avant tout à bâtir une équipe disciplinée, capable de rivaliser physiquement avec les autres nations de la sous-région.
Car la comparaison est sévère. Des pays voisins comme le Cameroun ont pris une avance considérable. La Fédération Camerounaise de Basketball multiplie depuis des années les compétitions jeunes, les stages de formation et les programmes de détection. Ses sélections U18 bénéficient de camps modernes, d'un suivi technique renforcé et d'une culture basketballistique portée par des joueurs évoluant à l'international. Résultat : les jeunes Camerounais sont exposés très tôt à un haut niveau de compétition.
Au Tchad, en revanche, les difficultés logistiques, le manque d'infrastructures sportives et la rareté des compétitions régulières freinent encore le développement de la discipline. Plusieurs jeunes talents évoluent sans encadrement professionnel ni équipements adaptés.
Pourtant, le tableau n'est pas entièrement sombre. Ces derniers mois, des initiatives locales et des camps de formation ont vu le jour pour encourager la pratique chez les jeunes. D'anciens internationaux tchadiens s'impliquent également dans la formation de la relève à travers des projets sportifs et académiques à N'Djamena.
Pour les responsables fédéraux, l'Elite Camp U18 dépasse le simple cadre d'une préparation à une compétition. Il s'agit d'un investissement sur l'avenir. Maintenir cette dynamique sur le long terme impliquera de développer les championnats jeunes, de renforcer la formation des entraîneurs et d'améliorer les infrastructures sportives.
Le basketball africain évolue à grande vitesse aujourd'hui. Le Sénégal, le Nigeria, la Côte d'Ivoire et le Cameroun investissent massivement dans la détection et la professionnalisation des jeunes joueurs. Dans ce contexte très compétitif, le Tchad tente de trouver sa place.
L'écart reste important, mais plusieurs observateurs reconnaissent au pays un potentiel athlétique réel. L'Elite Camp U18 constitue ainsi un premier test grandeur nature pour cette nouvelle génération. Au-delà des résultats à Malabo, ce projet pourrait marquer le début d'une nouvelle ère pour le basketball tchadien : celle de la reconstruction patiente, de la formation structurée et, surtout, de l'espoir.