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Tchad : Alladoum, le jeune entrepreneur qui mise sur l’énergie solaire à Sarh

À Sarh, le jeune entrepreneur Alladoum Adelin mise sur l’énergie solaire pour pallier les coupures d'électricité, tout en incitant la jeunesse locale à s'engager dans l'entrepreneuriat.

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Tchad : Alladoum, le jeune entrepreneur qui mise sur l’énergie solaire à Sarh

Par Elwood Dk

À Sarh, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, certains jeunes choisissent de transformer leurs connaissances en opportunités. C’est le cas d’Alladoum Adelin, né le 20 octobre 1999. Entrepreneur et promoteur d’une structure spécialisée dans l’expertise, le conseil en énergie solaire et les installations électriques des bâtiments à Sarh, il fait partie de ces jeunes qui tentent d’apporter des solutions concrètes aux difficultés d’accès à l’électricité dans la ville.

Quatrième d’une famille de neuf enfants, Alladoum Adelin a effectué tout son parcours scolaire à Sarh. Après ses études primaires, il fréquente le lycée-collège Ndandjikra-le-Salem où il obtient son BEPCT. Il poursuit ensuite sa formation au lycée-collège Saint-Charles-Lwanga de Sarh et décroche son baccalauréat en 2018.

L’année suivante, il s’inscrit à l’Université Saint-Charles-Lwanga de Sarh pour étudier le génie électrique. En 2021, il fait partie de la première promotion de cette filière à obtenir une licence. Animé par la volonté d’aller plus loin, il poursuit ses études à Lomé, au Togo, où il obtient un Master 2 au Centre d’excellence régional pour la maîtrise de l’électricité.

Sa quête de savoir l’amène également à visiter plusieurs pays africains, notamment le Burkina Faso, le Ghana, le Nigéria, le Bénin, le Togo, le Niger et le Cameroun. Ces expériences renforcent son intérêt pour le secteur de l’électricité, et plus particulièrement pour les solutions solaires.

Pour lui, la théorie ne suffit pas. Il accorde une place prépondérante à la pratique et souhaite transmettre son expérience aux autres jeunes. « J’ai toujours voulu associer les connaissances théoriques à la pratique. L’électricité est indispensable au développement et c’est un domaine dans lequel je me sens utile. Aujourd’hui, je veux aussi partager ce que j’ai appris avec d’autres jeunes, car une réussite qui profite à plusieurs personnes a beaucoup plus de valeur », précise-t-il.

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Au-delà de son activité professionnelle, Alladoum Adelin porte un regard critique sur la situation d’une partie de la jeunesse. Selon lui, certains ont perdu confiance en leur avenir et attendent principalement des solutions venant de l’extérieur ou de l’État. Il estime qu’un changement de comportement est nécessaire. Pour lui, la jeunesse doit davantage s’intéresser à la formation, aux petits métiers et à l’entrepreneuriat afin de devenir progressivement autonome. « Un jeune ne devrait pas passer toutes ses journées sans objectif. Même lorsqu’on ne dispose pas de grands moyens, il est possible de commencer par une petite activité et de la développer progressivement. L’essentiel est de prendre une décision, de travailler sérieusement et de se fixer un cap », indique le jeune entrepreneur.

Il appelle également les familles à jouer leur rôle dans l’orientation des enfants. À ses yeux, l’école reste primordiale, mais elle doit être accompagnée d’une initiation aux réalités professionnelles et entrepreneuriales.

L’énergie solaire constitue aujourd’hui le principal domaine d’engagement d’Alladoum Adelin. À Sarh, où l’accès régulier à l’électricité reste un défi pour de nombreux ménages et acteurs économiques, il voit dans cette ressource une alternative incontournable. Selon lui, les coupures et les horaires limités de distribution perturbent particulièrement les activités des petits entrepreneurs. « Pour un jeune qui travaille avec un ordinateur, une imprimante ou d’autres équipements électriques, une coupure peut entraîner une perte de temps et d’argent. Le solaire permet d’avoir une certaine autonomie et de poursuivre son activité. »

Pour lui, l’énergie solaire ne sert donc pas uniquement à éclairer les maisons. Elle peut également alimenter les équipements domestiques et professionnels, tout en contribuant à réduire la dépendance aux énergies fortement polluantes. Le secteur solaire, estime-t-il, peut aussi devenir un formidable vivier d’emplois pour les jeunes du Moyen-Chari.

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