Tchad : à Am-Timan, deux nourrissons abandonnés en moins de deux mois, un signal d'alarme
Par Mahamat Abdelbanat Kourma
Deux nuits. Deux nouveau-nés. Deux fois le même silence pesant dans les rues. En moins de deux mois, la ville a été le théâtre de deux abandons de nourrissons qui ne peuvent plus laisser indifférent.
Le premier drame remonte à la nuit du 17 au 18 avril 2026. Un bébé est retrouvé seul, sans protection, abandonné dans le lit du fleuve Bahr-Azoum (heureusement à sec). La Police Judiciaire intervient rapidement et, dans un élan de coordination remarquable, les Forces de sécurité, la Délégation de la Femme et de la petite enfance du Salamat, et celle des Droits humains conduisent l'enfant à l'Hôpital Provincial d'Am-Timan. Son état de santé est jugé satisfaisant. Une enquête est ouverte pour retrouver la mère.
Moins de deux mois plus tard, hier, dans la nuit du 2 au 3 juin 2026, un autre nourrisson de sexe masculin est abandonné au même quartier. À 5 heures du matin, le Délégué provincial de la Femme et de la Petite Enfance, Al-Mahdi Ahmat Al-Mahdi, est saisi de l'affaire et prend l'enfant en charge, tandis que les enquêtes se poursuivent.
Deux fois le même acte en peu de temps. Deux fois la même obscurité complice. Ce qui pouvait passer pour un drame isolé prend désormais les contours d'un phénomène préoccupant.
Il serait trop facile de condamner sans chercher à comprendre. Ces femmes sont souvent des mères acculées par la précarité, la honte ou l'absence totale de soutien. Leur geste est un cri muet, aussi désespéré qu'inexcusable. Mais la compassion ne saurait tenir lieu de réponse.
Ces deux nourrissons ont eu la chance d'être retrouvés vivants. Am-Timan ne peut pas attendre un troisième cas pour agir.