Tchad : arrestation de plusieurs opposants, un ex-conseiller du Président appelle à leur libération
Au Tchad, l'arrestation de leaders de l'opposition suscite des craintes d'une dérive autoritaire, alors que la communauté internationale reste silencieuse.
Un communiqué publié depuis Paris par Makaila N’Guebla, défenseur des droits de l’homme et ancien conseiller aux droits humains à la Présidence de la République du Tchad, alerte sur une vague d’arrestations visant plusieurs figures majeures de l’opposition tchadienne. Selon lui, ces interpellations s’inscrivent dans un contexte de rétrécissement de l’espace démocratique depuis l’arrivée au pouvoir de Mahamat Idriss Déby Itno en 2021.
La situation s’est particulièrement tendue après l’annonce d’une marche pacifique par le Groupe de Concertation des Acteurs Politiques (GCAP). Peu après, la Cour suprême a prononcé la dissolution de cette coalition, avant que plusieurs de ses dirigeants ne soient arrêtés le 25 avril 2026. Parmi eux figurent Max Kemkoye, Dr Nassour Koursami et Pr Avocksouma Djona.
Ces arrestations sont intervenues à quelques jours d’une manifestation prévue le 2 mai. Le communiqué publié par par Makaila N’Guebla dénonce des arrestations arbitraires et une dérive autoritaire du pouvoir. Il appelle à la libération immédiate des personnes arrêtées et exhorte la communauté internationale à réagir face à la dégradation des droits humains au Tchad.
De son côté, le Mouvement Patriotique du Salut (MPS), parti au pouvoir, a déclaré qu'il soutient la décision de justice annulant les activités du GCAP, jugées illégales. Le MPS appelle au civisme et à la responsabilité face à cette situation.
Le MPS dit observer que certaines initiatives de mobilisation par des acteurs politiques en retrait peinent à obtenir un soutien réel. Ces tentatives de mobilisation publique, présentées comme des actes d'« indignation », sont jugées irresponsables dans le contexte actuel, selon Abdelnasser Garboa, porte-parole du MPS.
Le Ministre de la Sécurité Publique et de l'Immigration, le général Ali Ahmat Akhabach, a mis en garde contre des campagnes de mobilisation pour une marche de protestation prévue le 2 mai 2026, qualifiées de trouble à l'ordre public.