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Tchad : au Mayo-Kebbi Ouest, l’UJT dénonce la marginalisation des radios locales et menace de boycotter les cérémonies

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Tchad : au Mayo-Kebbi Ouest, l’UJT dénonce la marginalisation des radios locales et menace de boycotter les cérémonies

Par Golmem Ali Emmanuel

L'Union des journalistes tchadiens (UJT), section du Mayo-Kebbi Ouest, dénonce des pratiques discriminatoires à l’égard des médias locaux. Dans un point de presse publié le 13 octobre 2026, l’organisation réclame davantage de considération pour les professionnels des médias et menace de suspendre la couverture des cérémonies administratives et organisationnelles si la situation persiste.

L’Union des journalistes tchadiens (UJT), section du Mayo-Kebbi Ouest, monte au créneau pour défendre les droits et la dignité des professionnels des médias de la province. Dans un point de presse rendu public le 13 octobre 2026 à Pala, l’organisation dénonce le traitement réservé aux journalistes locaux lors des activités officielles et appelle les autorités, les institutions et les organisations à mettre fin aux pratiques qu’elle juge discriminatoires.

Selon l’UJT, les journalistes de Pala sont souvent contraints de multiplier les démarches pour obtenir des informations nécessaires à l’exercice de leur métier. Une situation que l’organisation assimile à une forme de mépris envers une profession pourtant essentielle à l’information des populations.

Pour le bureau provincial de l’UJT, le journalisme ne saurait être réduit à une simple présence lors des cérémonies officielles. Il s’agit d’un métier qui exige la collecte, la vérification, le traitement et la diffusion d’informations d’intérêt public, souvent dans des conditions difficiles.

Des revendications sur les conditions de travail

Face à cette situation, l’UJT formule plusieurs revendications. Elle demande notamment le respect de la grille tarifaire en vigueur, l’application équitable des prises en charge liées aux activités de terrain et la fin des discriminations, du dénigrement et des frustrations dont seraient victimes certains professionnels des médias.

L’organisation déplore également la confusion entretenue, selon elle, par certains responsables entre la presse et les journalistes, alors que ces derniers constituent les acteurs essentiels de la collecte et de la diffusion de l’information.

Les radios locales dénoncées comme exclues des préparatifs

L’organisation prend notamment pour exemple les préparatifs de la Fête nationale de la jeunesse, initialement prévue du 12 au 14 octobre avant d’être reportée du 13 au 15 octobre 2026.

Selon le point de presse, cinq radios locales de la province auraient été écartées du dispositif de couverture de cet événement. Il s’agit de Radio Terre Nouvelle, Radio Soleil, Radio Développement Global, Radio La Voix de Zah Soo et Radio La Vie Nouvelle de Gagal.

L’UJT affirme qu’aucun badge n’a été attribué à ces stations pour la cérémonie à caractère national. Une situation qu’elle considère comme une manifestation de marginalisation des médias de proximité.

Pour l’organisation, l’exclusion de ces radios constitue un obstacle à la diffusion de l’information auprès des populations locales, notamment celles vivant dans les zones les plus reculées de la province.

La nécessité de renforcer la communication de proximité

Au-delà de la question des badges, l’UJT interpelle les institutions publiques, les organisations et les différents acteurs intervenant dans le Mayo-Kebbi Ouest sur la place accordée aux médias locaux dans leurs activités.

Elle estime que les populations de la province doivent pouvoir accéder à une information régulière et en temps réel sur les initiatives qui les concernent. Dans cette perspective, les radios locales devraient être associées aux activités dès leur phase préparatoire, plutôt que d’être sollicitées uniquement au moment de leur déroulement.

L’organisation critique également la tendance de certains acteurs à privilégier leur visibilité à N’Djamena, au détriment de la communication avec les communautés locales.

Une menace de boycott des cérémonies officielles

Face à ce qu’elle considère comme des pratiques persistantes, l’UJT, section du Mayo-Kebbi Ouest, prévient que les radios privées de la province pourraient cesser de couvrir les cérémonies administratives et organisationnelles si leurs revendications ne sont pas prises en compte.

Cette menace constitue un avertissement adressé aux autorités et aux organisateurs d’événements, appelés à revoir leurs pratiques et à accorder aux médias locaux la place qu’ils estiment mériter.

L’organisation invite les journalistes à défendre leur professionnalisme, à préserver leur indépendance et à ne pas se limiter à la prise de photographies lors des manifestations publiques. Elle les exhorte à poursuivre leur travail avec objectivité et à revendiquer le respect dû à leur métier.

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