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Tchad : au Moyen-Chari, l'Académie du Sud-Est face aux urgences du système éducatif

En visite dans le Moyen-Chari, la rectrice de l'Académie du Sud-Est, Khadija Hassaballah Hamid, a dressé un état des lieux alarmant du système éducatif, marqué par le manque d'infrastructures et de moyens.

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Tchad : au Moyen-Chari, l'Académie du Sud-Est face aux urgences du système éducatif

Par Elwood Dk

La rectrice de l’Académie du Sud-Est, la professeure Khadija Hassaballah Hamid, a rencontré ce lundi 19 octobre 2026 les inspecteurs départementaux de l’éducation nationale du Moyen-Chari. Venus des six départements de la province, les participants ont échangé sur les difficultés qui freinent le fonctionnement du système éducatif. Cette rencontre vise à évaluer les conditions de travail dans les établissements scolaires, à identifier les besoins prioritaires et à rechercher des pistes d’amélioration de la qualité de l’enseignement.

Au cours des échanges, la déléguée provinciale de l’éducation nationale, du Bilinguisme et de la Promotion civique, Mme Djikoloum, née Mougalbaye Mbatkodjial, a présenté les principales difficultés rencontrées sur le terrain. Elle a notamment évoqué l’insuffisance des salles de classe, le manque de tables-bancs et de manuels scolaires, ainsi que la dégradation des infrastructures.

« Le problème des tables-bancs est particulièrement préoccupant. Dans certaines classes, huit élèves peuvent se retrouver sur une table-banc prévue pour trois personnes », a-t-elle expliqué.

La responsable a également déploré le manque d’entretien des bâtiments scolaires, qui compromet les conditions d’apprentissage et expose les élèves à des risques. À cela s’ajoutent les difficultés d’accès aux manuels, notamment en mathématiques, en sciences physiques, en chimie, en biologie et dans certaines matières enseignées au secondaire.

Le fonctionnement des services éducatifs reste également confronté à un manque de moyens matériels, logistiques et financiers. « Nous fonctionnons essentiellement avec nos propres moyens. Le peu que nous avons, nous le mettons à la disposition de la délégation pour assurer son fonctionnement. C’est un sérieux problème qui bloque beaucoup d’activités », a précisé la déléguée.

En réponse à ces préoccupations, la rectrice a insisté sur la nécessité de renforcer l’enseignement bilingue, notamment par une meilleure répartition des enseignants arabophones dans les différents départements. « Chaque département doit faire ressortir ses besoins afin que nous puissions transmettre les informations à la hiérarchie et demander un renforcement du personnel enseignant », a indiqué la professeure Khadija Hassaballah Hamid.

Elle a également appelé les inspecteurs à veiller à la présence effective des enseignants dans leurs établissements et à signaler les absences injustifiées. Selon elle, le suivi régulier du personnel est indispensable pour garantir la continuité des cours et une meilleure utilisation des ressources humaines disponibles.

Après les échanges avec les responsables éducatifs, la délégation a poursuivi sa mission à l’Institut des sciences de management et de l’économie appliquée (ISMEA) de Sarh, où elle a rencontré les responsables de cet établissement d’enseignement supérieur. À cette occasion, le directeur du campus, le docteur Maïnkété Senghor, a présenté les activités de son institution, qui forme les jeunes dans les domaines de l’économie et du management de projet.

Il a ensuite exposé les principales difficultés auxquelles l’établissement est confronté, notamment l’absence d’une bibliothèque, le manque de bureaux administratifs et les retards de paiement des frais de scolarité par certains parents.

La rectrice a salué le travail accompli par l’ISMEA dans la formation des jeunes. Elle a également insisté sur l’importance de la scolarisation des filles, particulièrement dans les filières porteuses, susceptibles de leur offrir de meilleures perspectives professionnelles. Au cours de sa visite, elle a parcouru quelques salles de classe et échangé avec les élèves de troisième, qu’elle a encouragées à redoubler d’efforts pour réussir leur parcours scolaire.

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