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Tchad : crise à l'AVCRHH, le Comité de crise dénonce une gestion mafieuse et exige des comptes

Le Comité de crise de l'AVCRHH dénonce l'illégalité de la direction actuelle et exige des autorités la transparence sur la gestion des fonds d'indemnisation des victimes.

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Tchad : crise à l'AVCRHH, le Comité de crise dénonce une gestion mafieuse et exige des comptes

Par Ahmad Youssouf Ali

La tension monte d'un cran au sein de l'Association des Victimes des Crimes du Régime de Hissein Habré (AVCRHH). Lors d'un point de presse, le Comité de crise a vivement critiqué l'équipe dirigeante actuelle, qu'il qualifie d'illégale, et a réclamé la transparence totale sur le processus d'indemnisation.

Dirigé par Notjitobe Djimengar Julien, le Comité de crise a ouvert les hostilités en dénonçant des « mensonges caractérisés » imputés à un groupe qualifié de malveillant. Selon M. Djimengar, la nomination de Dame Haoua Tomlet, vice-secrétaire de la transition, à la tête de l'association viole les textes fondamentaux et le code civil. « Cette équipe fonctionne dans l'illégalité la plus totale et ne dispose d'aucune base administrative pour plaider au nom de l'AVCRHH », a-t-il déclaré.

Le scandale des indemnisations

Au cœur des préoccupations figure la gestion des fonds d'indemnisation. Le Comité affirme que depuis le lancement des paiements, le 2 février 2024, les « vraies victimes » n'ont pas perçu leur dû. Pis, il dénonce un système favorisant des « victimes fictives ». Face à cette situation, un courrier aurait été adressé aux plus hautes autorités pour demander la fermeture des comptes afin de stopper la dilapidation des fonds.

Le Comité de crise critique vertement le pouvoir en place et pose une question centrale : « Comment comprendre qu'aucun compte rendu n'ait été fait sur les premiers 10 milliards octroyés par le Président, alors qu'ils plaident pour de nouveaux fonds ? » Les contestataires appellent le chef de l'État à intervenir pour préserver la paix sociale, déplorant que l'argent des victimes soit perçu par certains administrateurs comme une aubaine.

Mise en cause et mobilisation

Le point de presse a également permis de cibler nommément Adoumbaye Dam-Pierre, présenté comme un « complice de l'impunité » soutenu par des techniciens des appareils judiciaires. L'opinion nationale est ainsi appelée à la vigilance.

Enfin, un appel à la mobilisation a été lancé à l'ensemble des victimes, invitées à se rendre au siège de l'association dès ce samedi. L'objectif affiché est de définir l'avenir de l'AVCRHH et de faire front face à ce que le comité qualifie de manœuvres de diversion.

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