Tchad : des jeunes formés à l'entrepreneuriat à Sarh pour valoriser leur art des perles
À Sahr, des jeunes formés à la confection d'objets en perles ont suivi un séminaire en entrepreneuriat pour transformer leur savoir-faire artisanal en activités génératrices de revenus.
Par Elwood Dk
Des jeunes de l’association EuroKoul Art de Sahr formés à l’entrepreneuriat après leur apprentissage dans l’art des perles.
À Sahr, chef-lieu de la province du Moyen-Chari, l’apprentissage d’un métier se poursuit au-delà de la pratique. Après plus de deux mois consacrés à la fabrication d’objets en perles, des jeunes filles et garçons âgés de 8 à 17 ans ont participé, ce 31 août 2026, à une formation sur l’entrepreneuriat.
Organisée par l’association EuroKoul Art, cette session vise à donner aux jeunes des connaissances de base pour mieux gérer les activités qu’ils pourront développer à partir des compétences acquises. Il s’agit notamment de les initier à la gestion des revenus, aux techniques de vente et au marketing, afin de les aider à transformer progressivement leur savoir-faire en activité génératrice de revenus.
Durant leur apprentissage, ces jeunes ont appris à fabriquer différents articles à base de perles, notamment des sacs à main, des portefeuilles, des corbeilles et des ceintures. Certains de ces produits sont déjà proposés à la vente dans différents marchés de Sahr.
Pour la responsable de l’association EuroKoul Art, Mme Eugénie Krata-Kungar, cette nouvelle étape doit permettre aux bénéficiaires de mieux utiliser les compétences acquises. « Après la fin de la formation de ces derniers, nous avons bien voulu organiser cette formation sur le thème de l'entrepreneuriat et les différentes techniques marketing pour leur permettre, après la formation, de s'intégrer dans le monde entrepreneurial et de savoir comment faire pour vendre les produits qu'elles ont fabriqués », a expliqué Mme Eugénie Krata-Kungar.

De son côté, l’entrepreneur et coach en développement personnel, Ndomaimbaï Nédion Innocent, insiste sur l’importance du changement de mentalité. Selon lui, l’apprentissage d’un métier doit également préparer les jeunes à avoir une nouvelle vision de leur avenir et à mieux gérer leurs activités. « Nous voulons faire en sorte que les mentalités changent pour que demain, ces jeunes qui doivent nous reléver n'en souffrent pas comme nous sommes en train de souffrir. Il faut que ça s'arrête sur nous, mais que ça ne se répercute pas encore sur nos petits frères, nos cadets ou nos enfants », a-t-il indiqué.
Présent à cette rencontre, le coordonnateur provincial du Réseau des organisations des jeunes du Moyen-Chari, Abdelaziz Moussa Sabah, salue l’engagement des jeunes et encourage d’autres organisations à multiplier ce genre d’initiatives.
« Nous tenons sincèrement à remercier les initiateurs et les jeunes qui ont décidé de venir suivre cette formation. Nous lançons aussi un appel à l'endroit des autres organisations de jeunes de la province du Moyen-Chari d'emboîter aussi le pas afin de partager le peu que nous avons pour le bien-être de nous tous en tant que jeunes et pour l'avenir de cette province. Il ne faudrait jamais qu'on nous donne seulement du poisson, mais qu'on nous apprenne à pêcher. Donc allons là où on nous apprend à pêcher plutôt que d'aller là où on va nous donner seulement à manger du poisson », a-t-il déclaré.
Pour les participants, cette formation représente une occasion de mieux comprendre comment passer de l’apprentissage à une véritable activité. Ils souhaitent désormais appliquer les connaissances reçues, notamment dans la vente et la gestion de leurs produits. « C'est pour devenir des leaders demain, des entrepreneurs. Donc on va essayer et on va mettre en pratique ce qu'on a vu, les techniques de vente sur le terrain, et puis ça va nous aider. À travers maintenant mon projet, j'aimerais un jour transformer l'art en une entreprise en créant des opportunités d'emploi à d'autres jeunes qui veulent bien apprendre. Et moi, je m'intéresse particulièrement à l'entrepreneuriat pour pouvoir accueillir d'autres compétences et pouvoir me développer », ont souligné certains jeunes.