Tchad : entre routes bitumées, délestages et chômage, les internautes dressent un bilan contrasté de Mahamat Idriss Déby
Pour une large partie des commentateurs, le véritable bilan ne se mesure pas seulement aux chantiers inaugurés, mais à l’amélioration concrète du pouvoir d’achat, de l’emploi, de l’accès à l’énergie, à l’eau, à la santé et à la justice.
Deux ans après la mise en œuvre du programme présidentiel de Mahamat Idriss Déby Itno, Alwihda Info a interrogé ses internautes : « Estimez-vous que les résultats sont visibles dans votre quotidien ? » Les réactions recueillies dessinent une opinion fortement partagée, parfois passionnée, souvent critique, mais rarement indifférente.
À la lecture des commentaires, une première tendance se dégage : les infrastructures routières sont le domaine le plus souvent cité par les internautes favorables au bilan présidentiel. Plusieurs participants reconnaissent des avancées, notamment à N’Djamena et dans certaines provinces. Pour ces internautes, les routes bitumées, les chantiers visibles et certains travaux publics traduisent une volonté de modernisation. Certains parlent même d’un « net changement » perceptible à travers la construction des routes, tandis que d’autres évoquent une amélioration en matière de sécurité.
Cette appréciation positive reste toutefois rarement sans réserve. Même parmi ceux qui reconnaissent des progrès, beaucoup estiment que les réalisations visibles ne suffisent pas encore à transformer le quotidien des populations. Les internautes les plus nuancés relèvent des avancées dans les infrastructures, tout en soulignant que les résultats demeurent limités face au coût de la vie, au chômage des jeunes, à l’accès à l’eau, à l’électricité, à la santé ou encore à l’éducation.
L’électricité apparaît comme l’un des principaux points noirs du bilan perçu par les citoyens. Plusieurs commentaires reviennent sur les coupures récurrentes, parfois avec ironie, parfois avec colère. Un internaute rappelle notamment une promesse ancienne sur la fin des délestages, estimant que la situation reste loin des attentes. D’autres résument leur frustration par des formules directes : « pas d’eau, pas d’électricité » ou encore « l’électricité 1 % ».
Le chômage des jeunes constitue l’autre grande préoccupation exprimée. Plusieurs internautes considèrent que les efforts dans les infrastructures ne peuvent pas masquer l’absence de perspectives pour une partie importante de la jeunesse. Certains évoquent l’employabilité, l’accès à la fonction publique, la marginalisation des jeunes diplômés et le sentiment d’exclusion dans les opportunités économiques.
Une partie importante des réactions se montre plus sévère. Pour ces internautes, le bilan n’est pas seulement insuffisant ; il est jugé négatif. Les critiques portent sur la vie chère, la pauvreté, les conflits intercommunautaires, l’insécurité, la justice, les nominations, la corruption et le sentiment d’injustice sociale. Certains commentaires évoquent une « régression », tandis que d’autres parlent d’un bilan « catastrophique » ou « médiocre ».
Au-delà des questions économiques et sociales, les commentaires révèlent aussi une inquiétude politique. Plusieurs internautes associent le bilan à la situation des libertés publiques, aux arrestations, à la place de l’opposition et au climat de peur dans l’expression publique. Certains répondent par l’ironie, affirmant que les résultats les plus visibles seraient les arrestations ou l’emprisonnement des opposants.