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# Tchad : face à l'impasse du chômage, la débrouille comme unique bouée de sauvetage
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-face-a-limpasse-du-chomage-la-debrouille-comme-unique-bouee-de-sauvetage/
- Published: 2026-08-28T19:45:08.000Z
- Updated: 2026-08-28T19:45:08.000Z
- Description: Au Tchad, face à un taux de chômage alarmant et à la saturation de la fonction publique, de nombreux jeunes et diplômés se tournent vers le secteur informel pour survivre.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Temandang Gontran**

Il ne suffit plus d'espérer un poste à la fonction publique ou un emploi institutionnel après un parcours scolaire. Alors que certains fondent tous leurs espoirs sur leurs diplômes, d'autres déploient des stratégies pragmatiques pour surmonter les difficultés, faisant du « porte-tout » un outil de subsistance. Dans les rues de la capitale tchadienne, des hommes bravent la chaleur et la fatigue à la recherche de clients. Munis de structures ambulantes garnies d'arachides, de concombres, d'oignons, d'ail, de piments et de dattes, ils sillonnent marchés et quartiers pour répondre aux besoins du quotidien. Comme l'écrivait Jacques Roumain, l'homme est le boulanger de sa vie. Mieux vaut exercer une petite activité que d'attendre passivement. « Dans la vie, il ne faut jamais baisser les bras ; rien n'est facile et, pour réussir, il faut persévérer », rappelait le regretté musicien tchadien Talino Manou.

Le taux de chômage des diplômés sans emploi atteint pourtant 60 %, selon les indicateurs. Chez les jeunes de 15 à 24 ans, il s'établit à 30,3 %, tandis qu'il touche 26,8 % des femmes. D'après les rapports de l'Institut national de la statistique, des études économiques et démographiques (INSEED), à travers l'enquête ECOSIT 4, le chômage global au sens élargi du Bureau international du travail (BIT) s'élève à 18,4 % au Tchad. Face à cette pénurie d'opportunités et à l'afflux massif de bacheliers chaque année à l'instar de la session 2026 qui a enregistré 59 162 admis, lesquels arriveront sur le marché du travail d'ici deux ou trois ans, le gouvernement est interpellé. Ces nouveaux diplômés s'ajouteront à une cohorte de chercheurs d'emploi dont certains patientent depuis une décennie.

S'en remettre uniquement à un diplôme universitaire relève du pari risqué. La solution immédiate réside souvent dans l'entrepreneuriat de subsistance, en attendant des perspectives plus stables. Une question s'impose : les non-scolarisés seraient-ils les seuls voués à réussir par les métiers manuels ? La réponse est évidemment négative. Si l'éducation structure l'esprit, elle ne garantit pas un poste salarié. « À travers le savoir, l'homme peut créer sa propre opportunité. L'école donne la connaissance et ouvre l'esprit ; c'est à l'individu d'en faire bon usage », témoigne Djerem, ingénieur en agronomie reconverti en menuisier. Si le secteur informel offre un refuge salutaire, l'avenir réservé aux diplômés demeure une interrogation majeure.