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# Tchad : face au déficit pluviométrique, l'irrigation s'impose comme l'arme absolue pour la souveraineté alimentaire
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-face-au-deficit-pluviometrique-lirrigation-simpose-comme-larme-absolue-pour-la-souverainete-alimentaire/
- Published: 2026-09-26T18:00:00.000Z
- Updated: 2026-09-26T17:59:59.000Z
- Description: Menacée par un déficit pluviométrique sévère en 2026, l'agriculture tchadienne doit miser sur l'irrigation et la gestion de ses ressources hydriques pour garantir sa souveraineté alimentaire.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

La campagne agricole 2026 expose la vulnérabilité du Tchad face aux caprices du climat. Après deux années de relative abondance en 2024 et 2025, l'installation tardive des pluies et les sécheresses à répétition de juillet et août font peser de lourdes menaces sur les récoltes de mil, de sorgho et de maïs.

Le secteur pastoral n'est pas épargné. Le tarissement précoce des points d'eau et la rareté des pâturages contraignent déjà les éleveurs à des transhumances anticipées et à des ventes bradées de bétail.

Pour le Dr Hisseine Mahamat Allamine, enseignant-chercheur à l’École nationale supérieure des travaux publics, ce scénario n’est pourtant pas une fatalité. Le salut du pays réside dans la maîtrise de l'eau pour rompre définitivement la dépendance au ciel.

L'irrégularité des pluies trouve sa source dans le dérèglement climatique mondial, les anomalies de la mousson et la dégradation continue de l'environnement local. Pourtant, le Tchad dispose d'immenses réserves d'eaux souterraines, du bassin du lac Tchad, de zones de polders fertiles et des vallées des fleuves Chari et Logone.

Ce potentiel hydrique exceptionnel reste bloqué par un manque de volonté politique chronique pour prioriser les investissements dans des infrastructures adaptées. Faute de moyens, l'agriculture tchadienne demeure assujettie aux caprices climatiques, alors que l'apport artificiel d'eau permettrait de sécuriser les cycles de production, d'effacer l'impact des poches de sécheresse et de stabiliser les prix sur les marchés.

La transition vers une agriculture irriguée est pourtant l'unique solution. Le Dr Hisseine Mahamat Allamine préconise une stratégie ciblée en trois zones prioritaires :  
\- Au Sud, dans la zone soudanienne : intensifier le développement de la riziculture à grande échelle grâce aux réseaux fluviaux.  
\- Au Centre et à l'Est, dans la bande sahélienne : collecter les eaux de ruissellement et généraliser le maraîchage via des systèmes de goutte-à-goutte ou d'irrigation solaire villageoise.  
\- Dans la province du Lac : réhabiliter d'urgence les polders pour en faire le grenier agricole de la région.

Moderniser le secteur agricole tchadien demande d'abandonner l'attentisme pluvial au profit d'une gestion hydraulique offensive. Face à l'urgence humanitaire et économique qui s'annonce pour cette fin d'année 2026, le déploiement de ces techniques d'irrigation n'est plus une option technique, mais un impératif de sécurité nationale.