Tchad : incivisme galopant et autorité de l’État piétinée
L’État doit renforcer l’enseignement du civisme et de l’éducation citoyenne dès l’école primaire, intensifier les campagnes de sensibilisation dans les villes comme dans les zones rurales et améliorer la diffusion des informations officielles.
Par Mahamat Ouda ousmane
Au Tchad, l’incivisme prend une ampleur inquiétante. Dans plusieurs villes et localités du pays, les lois, décrets, arrêtés administratifs ainsi que les symboles de la République sont de moins en moins respectés. Cette situation, qui gagne progressivement du terrain, constitue une menace sérieuse pour l’unité nationale, l’ordre public et l’autorité de l’État.
Le récent décret instituant un deuil national, interdisant durant trois jours les manifestations festives et exigeant la mise en berne des drapeaux, illustre parfaitement cette dérive. Malgré les instructions officielles, des cérémonies festives, mariages et autres réjouissances ont été maintenus dans plusieurs localités. Plus grave encore, certains établissements scolaires et services n’ont pas respecté la mesure relative aux drapeaux.
Ce phénomène résulte de plusieurs facteurs : l’ignorance des lois et textes réglementaires par une partie de la population, l’insuffisance de communication des autorités administratives, la faiblesse des campagnes de sensibilisation citoyenne ainsi qu’une impunité devenue préoccupante. À cela s’ajoutent les mutations sociales et les défis liés aux mouvements de populations dans certaines zones frontalières.