Tchad : injures contre une ministre sur TikTok, 3 ans de prison ferme requis contre trois prévenus
Trois personnes sont jugées à N'Djamena pour diffamation et outrage. Le procureur requiert trois ans de prison ferme, une peine jugée injuste par la défense. Verdict attendu le 13 août.
Par Ahmad Youssouf Ali
Trois personnes en détention provisoire à la maison d'arrêt de Klessoum ont été déférées, ce jeudi 6 août 2026, devant le tribunal de grande instance de N'Djamena. Elles sont poursuivies pour non-respect du cahier des charges, association de malfaiteurs, diffamation, injures publiques et outrage à autorité publique. À l'issue des réquisitions, le procureur a requis trois ans de prison ferme à l'encontre de chacun des prévenus, une demande que la défense a qualifiée d'injuste.
L'origine de ce litige remonte à un différend foncier opposant l'un des mis en cause à l'actuelle ministre de la Justice. Après l'intervention du commissariat de sécurité publique, le prévenu concerné s'était désisté, renonçant au terrain contesté. Mécontent de cette issue, il a par la suite fait appel à un tiktokeur pour exprimer sa colère, lui confiant des documents destinés à être publiés sur les réseaux sociaux.
Le tiktokeur a non seulement diffusé ces pièces, mais a également proféré des injures outrageantes à l'encontre de la partie civile. Dans ses publications, il a qualifié la plaignante de « pute de la République » et a utilisé des termes injurieux, dont l'expression « Mara Sakit », à l'égard de la ministre.
Face à ces faits, la partie civile a réclamé une lourde condamnation. En réplique, la défense a plaidé l'apaisement, estimant que la partie civile s'était laissée emporter par l'émotion. Elle a vivement sollicité le président du tribunal afin qu'il ne cède pas à une condamnation dictée par les sentiments, soulignant par ailleurs que le tiktokeur a reconnu l'intégralité des faits et a présenté une lettre d'excuses.
À l'issue des débats, le tribunal a renvoyé l'affaire au 13 août prochain pour la suite des procédures.