Tchad : la canicule inédite étouffe la Tandjilé-Ouest

À Kélo, une canicule inédite paralyse la vie quotidienne, avec des températures atteignant 42°C. Les experts pointent le changement climatique, menaçant l'agriculture locale. Les habitants cherchent refuge à l'ombre.

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Tchad : la canicule inédite étouffe la Tandjilé-Ouest

Par Mahamat Ouda ousmane

À Kélo, chef-lieu du département de la Tandjilé-Ouest, la chaleur s'installe traditionnellement dès mars, s'apaise à partir de la première décade de mai et s'estompe à la fin du mois. Mais cette année, c'est en mai qu'une canicule sans précédent débute, avec des températures atteignant 40-42°C en pleine journée. Sur le terrain, le rythme de vie s'effondre, les personnes vulnérables souffrent et le quotidien est ralenti par l'asphyxie thermique.

Dès 10h-11h, les rues de Kélo se vident. La circulation chute drastiquement, et les commerces tournent au ralenti. Chacun cherche refuge à l'ombre des arbres ou des vérandas. Seuls les plus contraints, comme les livreurs ou les conducteurs de moto-taxis, osent affronter l'air brûlant, trempés de sueur. Devant les épiceries, des attroupements se forment pour obtenir de l'eau ou des boissons fraîches.

Au marché central, les vendeuses s'abritent sous des sacs usés ou des pare-soleil, laissant parfois leurs étals à l'abandon. "On ne vend plus rien après midi, c'est invivable", témoigne Aïcha, 45 ans, revendeuse de condiments.

Enfants et femmes enceintes sont les plus vulnérables : coups de chaleur, déshydratation, fatigue extrême... Dans les quartiers populaires, l'air manque en raison de la densité des habitations et les plaintes fusent. Dans le milieu administratif, les bureaux sont désertés au profit des zones ombragées. Les agents publics ne tiennent pas la journée sans climatisation.

Cette anomalie n'est pas isolée, selon les experts locaux. Ils l'attribuent au changement climatique, avec des vagues de chaleur plus précoces et intenses au Sahel. À Kélo, où 70% de la population dépend de l'agriculture pluviale, l'adaptation s'impose, car ce dérèglement climatique pourrait compromettre la saison des pluies qui s'annonce.

En attendant, la population est vivement conseillée de fréquenter les abris frais, de boire régulièrement de l'eau et de suivre les orientations sur les risques sanitaires liés à la chaleur intense.