Tchad : la CELIAF lance un projet d'envergure pour la paix et le vivre-ensemble
La CELIAF a lancé à N’Djamena un projet de 18 mois soutenu par l'Union européenne et l’ONG ACRA, visant à promouvoir la paix, le vivre-ensemble et la participation des femmes et des jeunes.
Par Ahmad Youssouf Ali
La Cellule de Liaison et d’Information des Associations Féminines (CELIAF), avec l’appui technique de l’ONG ACRA et le cofinancement de l’Union européenne dans le cadre du programme « Pense Libre », a procédé au lancement officiel du projet « Brassage intra-communautaire et participation citoyenne des femmes et des jeunes pour la promotion de la paix, du vivre-ensemble et de la tolérance ». Cet atelier de lancement a été couplé à l’ouverture du Forum de dialogue intercommunautaire.
La cérémonie, organisée ce mardi 27 octobre 2026, a réuni de hautes autorités, des représentants de la CELIAF, de l’ONG ACRA et de l’Union européenne, ainsi que des figures traditionnelles, religieuses et sécuritaires. À cette occasion, Mariam Abdraman, représentante de la Déléguée générale du Gouvernement auprès de la commune de N’Djamena, a prononcé un discours marqué par des engagements forts.
La paix, un combat de tous les jours
Devant un parterre d’invités, la représentante du gouvernement a rappelé que la paix n’est jamais un acquis. « Elle se construit chaque jour, dans nos quartiers, nos familles, nos lieux de culte », a-t-elle déclaré. Face aux tensions intercommunautaires et aux clivages religieux qui menacent le tissu social, elle a insisté sur la nécessité de considérer la diversité du pays comme une force et non comme un motif de méfiance.
Les femmes et les jeunes au cœur du dispositif
Le discours a mis un accent particulier sur le rôle décisif des femmes et des jeunes. Bien que présents dans toutes les communautés, ils restent trop souvent exclus des espaces de dialogue et de décision. « Leur donner la parole, leur confier des responsabilités et reconnaître leur rôle dans la prévention et la gestion pacifique des conflits, c’est renforcer la paix pour tous », a souligné Mariam Abdraman.
Un projet concret de 18 mois
Porté par la CELIAF et cofinancé par l’Union européenne, avec l’appui technique de l’ONG ACRA, le projet s’étendra sur 18 mois à N’Djamena et dans le Logone Occidental. Il se traduira par la création d’espaces inclusifs de dialogue, des ateliers de formation, des campagnes de sensibilisation, ainsi que des rencontres sportives et culturelles.
Trois appels solennels
Lors de son allocution, la représentante de la Déléguée générale a lancé trois appels distincts :
- Aux leaders religieux et traditionnels : poursuivre la diffusion de messages de tolérance, de respect mutuel et de paix.
2. Aux femmes et aux jeunes : s’approprier ce projet, prendre la parole et devenir des acteurs de la paix.
3. Aux autorités et partenaires : accompagner la CELIAF afin de garantir la durabilité des résultats.
Une initiative alignée sur les priorités nationales
Le projet s’inscrit dans la politique de cohésion sociale prônée par le président de la République, le maréchal Mahamat Idriss Déby Itno, et s’aligne sur le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ».
Au terme de son intervention, au nom du gouvernement, Mariam Abdraman a officiellement lancé le projet, avant de souhaiter plein succès aux travaux du forum et d’inviter les participants à faire preuve d’ouverture, de franchise et de respect. L’événement s’est conclu par des slogans fédérateurs : « Vive la paix ! Vive le vivre-ensemble ! Vive le Tchad ! ».
La CELIAF plaide pour le dialogue et la découverte de l’autre
La présidente du Conseil d’administration de la CELIAF, Denodji Robertine, a indiqué que ce projet part d’un constat simple mais puissant : la paix n’est pas un acquis permanent, mais une construction quotidienne qui se nourrit du dialogue, de la découverte de l’autre et du rejet des préjugés. « À travers ce programme, nous voulons briser les barrières invisibles qui séparent parfois les communautés. Nous voulons faire de la diversité religieuse et culturelle non une source de division, mais une richesse inestimable et un levier de développement », a-t-elle déclaré.
ACRA réaffirme son engagement
Le coordonnateur technique de l’ONG ACRA, Césaire Dingaounaimou, a souligné que le projet touche au cœur même des aspirations de la société. « La paix, le vivre-ensemble et la tolérance ne sont pas des concepts abstraits. Ce sont des réalités quotidiennes que l’on construit, jour après jour, en tendant la main à son voisin », a-t-il affirmé.
Selon lui, la transformation sociale et la consolidation de la paix ne peuvent se faire sans les femmes et les jeunes, qu'il qualifie de piliers essentiels. L'ONG se réjouit d’accompagner la CELIAF dans cette initiative et salue le leadership de l’organisation.