Tchad : La CNDH lance un atelier crucial pour la réforme des droits de l'Homme
La CNDH du Tchad organise un atelier crucial pour réviser la loi 028/PR/2018 et améliorer la protection des droits de l'homme, visant à obtenir le « statut A » international.
Par Temandang Gontran
Un atelier de validation essentiel s’est ouvert le 20 avril 2026 à Eden Park, dans la sous-préfecture de Koundoul, organisé par la Commission Nationale des Droits de l'Homme (CNDH). Cet événement marque une étape clé pour la protection des droits de l'homme au Tchad. Au cœur des discussions : la révision de la loi régissant la CNDH et l’examen d’un rapport alternatif sur la torture. Le président de la CNDH, Belngar Larmé Jacques, a ouvert les travaux.
Réunissant des représentants ministériels, des membres du Sénat, de l’Assemblée nationale et de la société civile, cet atelier vise à transformer le paysage institutionnel tchadien. Pour le président de la CNDH, cette démarche ne relève pas d'un simple exercice technique, mais répond à une « exigence plus profonde » : celle d'aligner l'institution sur les standards internationaux, a-t-il déclaré.
L’objectif affiché est d'obtenir le « statut A » auprès de l'Alliance mondiale des institutions nationales des droits de l'homme. Pour ce faire, la révision de la loi 028/PR/2018 doit corriger les lacunes passées. « L'expérience nous oblige à la réviser pour faire face aux défis de l'heure », a affirmé le président de la CNDH, soulignant la nécessité de renforcer l'indépendance, la crédibilité et l'efficacité de la commission.
Madame la représentante du HCDH a abondé dans ce sens, précisant que cette réforme doit permettre de :
- Renforcer l'indépendance institutionnelle et financière de la CNDH.
- Clarifier son mandat et ses compétences.
- Garantir un processus transparent et inclusif pour la désignation de ses membres.
- Assurer son accessibilité aux populations, notamment les plus vulnérables.
### La lutte contre la torture en ligne de mire
Parallèlement à la réforme législative, les participants examinent un rapport alternatif sur la mise en œuvre de la Convention des Nations Unies contre la torture, à laquelle le Tchad est partie depuis 1995.
Ce rapport, élaboré par la CNDH, se veut un outil d'« auto-évaluation » indépendant. Il vise à identifier les progrès réalisés mais aussi les « défis qui subsistent » sur le terrain. La représentante du HCDH a rappelé que ce travail est essentiel pour la crédibilité de l'État et pour améliorer concrètement la protection des personnes privées de liberté.
Le Haut-Commissariat des Nations Unies aux Droits de l'Homme a réitéré son soutien indéfectible au Tchad dans ce processus de réforme, tout en saluant l'engagement des autorités nationales. Le président de la CNDH a, de son côté, exprimé sa gratitude pour l'accompagnement multiforme du HCDH qui a rendu possible l'organisation de ces assises.
Ouvert le 20 avril 2026, cet atelier durera trois jours. Le président de la CNDH a invité les participants à être attentifs et à donner le meilleur d'eux-mêmes pour un échange fructueux.