Tchad : La drogue « Clos » menace une génération à N'Djamena
À N'Djamena, la drogue « Clos » inquiète par ses effets dévastateurs sur la jeunesse, provoquant désorientation et perte de repères chez les adolescents.
Par Idriss Abdelkerim
Dans les ruelles poussiéreuses de plusieurs quartiers de N’Djamena, un mot revient désormais avec inquiétude dans les conversations des familles et des chefs de quartier : « Clos ». Derrière cette appellation devenue tristement populaire, se cache un dangereux mélange de produits chimiques, d’alcools frelatés et de comprimés détournés qui frappe de plein fouet la jeunesse tchadienne.
Selon plusieurs témoignages recueillis dans les arrondissements périphériques de la capitale, cette substance touche principalement des adolescents âgés de 16 à 20 ans. Les scènes observées dans certains quartiers traduisent une dégradation inquiétante du comportement des consommateurs.
Au quartier N’djari, dans le 8ᵉ arrondissement, des habitants racontent qu’un jeune homme, complètement désorienté après avoir consommé du « Clos », aurait demandé à son propre père la main de sa sœur cadette. Une scène qui a profondément choqué les riverains et illustré l’ampleur des troubles psychologiques provoqués par cette substance.
À Diguel Riyad, un autre cas a attiré l’attention des habitants : un homme de 28 ans a été aperçu errant toute une nuit, au milieu de la chaussée, halluciné, levant les yeux vers le ciel et affirmant « compter les étoiles ».
Pour plusieurs parents interrogés, ces comportements traduisent une perte totale des repères sociaux et familiaux. Dans les concessions de N'Djamena, l’inquiétude grandit chaque jour.
Derrière le phénomène du « Clos », c’est toute une génération qui semble vaciller entre désespoir social, perte de repères et dépendance. Pour de nombreux observateurs, le silence ou l’inaction risqueraient d’aggraver encore davantage une situation déjà alarmante.