Tchad : le fossé entre statistiques de pauvreté et réalité quotidienne
Malgré une baisse statistique de la pauvreté au Tchad, la population peine à ressentir une amélioration concrète de ses conditions de vie.
Par Temandang Gontran
Alors que le rapport de la Banque mondiale indique qu'au Tchad le taux de pauvreté s'est établi à 40,7 %, en 2025 marquant une baisse par rapport aux 42,5 % enregistrés en 2024, cette embellie statistique est loin d'être ressentie par la population. Au quotidien, il reste difficile pour de nombreux Tchadiens d'assurer un repas par jour.
Les conditions de vie n'ont pas changé : l'accès à l'eau, à l'électricité et à l'emploi demeure un défi de taille. Face à cette situation précaire, certains continuent de broyer du noir, allant jusqu'à concasser des blocs de béton en gravier pour espérer gagner de quoi subvenir à leurs besoins essentiels.
« Je ne vois pas ce qui a changé pour dire que le taux de pauvreté a diminué. Les gens continuent toujours à souffrir », souligne Melome, une ménagère rencontrée à Chagoua.
Le fossé entre les chiffres et le terrain
Une frange importante de la population reste sceptique face à cette baisse annoncée, estimant que le quotidien des ménages n'a connu aucune amélioration concrète.
« Les réalités se vivent sur le terrain, pas sur les papiers. Les besoins minimums de la population ne sont pas assurés, on ne peut donc pas dire qu'il y a eu une amélioration en termes de pauvreté au Tchad », déclare Alphonse, père de famille et ouvrier journalier sur un chantier de construction. Au-delà de tous ces témoignages, beaucoup d'efforts restent à faire pour qu'une couche vulnérable trouve leur compte dans le changement de la cherté de la vie.