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# Tchad : le gouvernement lance la révision de la Politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-le-gouvernement-lance-la-revision-de-la-politique-nationale-de-lemploi-et-de-la-formation-professionnelle/
- Published: 2026-10-02T13:27:13.000Z
- Updated: 2026-10-02T13:27:13.000Z
- Description: Le Tchad engage la révision de sa Politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle pour répondre au défi démographique et offrir des opportunités concrètes à sa jeunesse.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Ahmad Youssouf Ali**

Ce vendredi 2 octobre 2026, au siège de l’ONAPE, le ministre de la Fonction publique et de la Concertation sociale, Abdoulaye Mbodou Mbami, a officiellement lancé les travaux de révision de la Politique nationale de l’emploi et de la formation professionnelle (PNEFP). Aux côtés de son collègue de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yomatina, il a également installé le Comité technique interministériel chargé de conduire ce processus stratégique pour l’avenir du Tchad.

**Un contexte démographique et économique exigeant**

Devant un parterre de personnalités — conseillers à la présidence, secrétaires généraux, représentants du patronat, syndicats, partenaires techniques et financiers —, le ministre a dressé un état des lieux sans concession. Avec une population estimée à 19 millions d’habitants, dont plus de la moitié a moins de vingt ans, et une croissance démographique de 3 % par an, le Tchad fait face à un défi majeur : l’arrivée massive de dizaines de milliers de jeunes sur le marché du travail chaque année.

« Cette jeunesse est notre plus grande richesse. Elle ne deviendra un véritable dividende démographique que si nous savons lui offrir des compétences, des opportunités et un avenir », a souligné Abdoulaye Mbodou Mbami. Pourtant, le marché du travail demeure marqué par la prédominance de l’économie informelle, un sous-emploi important en milieu rural et une inadéquation persistante entre les formations dispensées et les besoins réels de l’économie. Le faible taux d’alphabétisation — 42 %, et seulement 28 % chez les femmes — accentue l’ampleur du défi du capital humain.

**Trois fondements majeurs pour une réforme ambitieuse**

La révision de la PNEFP, en vigueur depuis plusieurs années, ne part pas de rien. Elle s’appuie sur trois piliers fondamentaux rappelés par le ministre :

1\. Le Programme politique du chef de l’État, qui fait du plein emploi une priorité nationale et un objectif prioritaire de son action ;  
2\. Le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 », à travers son Programme n°5 consacré à l’éducation, la formation professionnelle, la jeunesse et l’emploi ;  
3\. Les recommandations de la première édition du Forum national sur l’emploi, tenue en 2024, qui avait appelé à engager formellement cette révision.

Cette démarche a été formalisée par l’Arrêté conjoint n°144/PR/PM/MFPCS/MESRSFP/2026 du 15 septembre 2026, portant création, organisation et fonctionnement du Comité technique interministériel.

**Les missions du Comité et les exigences du ministre**

Le Comité technique interministériel, installé ce jour, a une mission exigeante. Il devra évaluer la politique en vigueur, dresser un bilan diagnostic, identifier les nouveaux enjeux du marché du travail et élaborer le projet de PNEFP révisée, assorti d’un plan d’actions et d’un cadre de suivi-évaluation. Pour ce faire, il s’organisera en dix groupes thématiques couvrant des domaines clés tels que les politiques actives du marché du travail, l’apprentissage, l’adéquation formation-emploi, l’entrepreneuriat, l’emploi des jeunes et des femmes, l’économie informelle, la transformation numérique et l’intelligence artificielle.

Le ministre Abdoulaye Mbodou Mbami a adressé trois exigences fermes aux membres du Comité :

· La rigueur : la politique doit reposer sur des données fiables, des cibles chiffrées et des indicateurs mesurables, articulés avec « Tchad Connexion 2030 » ;  
· L’inclusion : cette réforme ne doit pas être l’affaire de la seule administration. Les partenaires sociaux, le patronat, la société civile, les collectivités territoriales, les jeunes et les femmes doivent être pleinement associés ;  
· L’opérationnalité : « Nous ne voulons pas d’un document de plus sur les étagères. Nous voulons une politique qui se traduise en programmes concrets, budgétisés et suivis », a-t-il martelé.

**Un délai de six mois et un appel à la mobilisation**

Le Comité dispose de six mois à compter de son installation pour rendre sa copie. La deuxième édition du Forum national sur l’emploi, prévue du 10 au 12 novembre 2026 sous le thème « Promotion de l’emploi des jeunes vers les métiers d’avenir », constituera une étape privilégiée de consultation, dont les conclusions devront enrichir ces travaux.

Le ministre a salué l’engagement de la Direction générale de l’administration du travail, qui assure le secrétariat technique du Comité, avec l’appui de l’ONAPE et du FONAP. Il a lancé un appel solennel à l’ensemble des partenaires techniques et financiers, du secteur privé et de la société civile : « Nous avons besoin de votre expertise, de votre accompagnement et de votre mobilisation pour réussir cette réforme. »

Pour le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Dr Sitack Yomatina, cette initiative et la coopération entre le FONAP et l’ONAPE sont à saluer. Selon lui, ce qui manque au Tchad, c’est la formation professionnelle et technique, qui constitue l’avenir du pays. Il a aussi indiqué que ceux qui n’ont pas choisi de suivre une formation longue, ou un cycle long, doivent pouvoir trouver un emploi et en vivre dignement. « C’est à travers la symbiose entre le ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle et le ministère de la Fonction publique et de la Concertation sociale que nous pourront réussir ce pari et relever les défis auxquels les jeunes font face », a-t-il soutenu.

Le ministre Abdoulaye Mbodou Mbami a rappelé que cette révision n’est pas un simple exercice technique, mais « un acte de foi en notre jeunesse et en la capacité de notre pays à transformer son potentiel humain en moteur de prospérité partagée ». C’est sur ces mots qu’il a officiellement déclaré lancés les travaux de révision de la PNEFP et installé le Comité technique interministériel.