Tchad : le pain rassis vendu au prix du pain frais, une pratique qui interroge

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Tchad : le pain rassis vendu au prix du pain frais, une pratique qui interroge

Par Golmem Ali Emmanuel

A travers plusieurs villes du Tchad, notamment dans les quartiers populaires, il n'est pas rare de voir du pain boulanger vendu plusieurs jours après sa fabrication. Dans de nombreuses boutiques, les pains sont conservés sur des étagères ou dans des sacs, parfois sans protection adéquate contre la poussière, la chaleur ou l'humidité, avant d'être proposés aux clients au même prix que le pain du jour.


Pour de nombreux consommateurs, le choix est souvent limité. Faute d'alternative ou par nécessité, ils achètent ces pains, même lorsqu'ils constatent qu'ils ont perdu leur fraîcheur. Certains estiment qu'il est injustifié de payer le même prix pour un produit dont la qualité s'est dégradée avec le temps.

Au-delà de la question du prix, cette pratique soulève des interrogations sur les conditions de conservation du pain et leurs éventuelles conséquences sur la santé. Une conservation prolongée dans des conditions inadaptées peut favoriser le développement de moisissures, parfois invisibles à l'œil nu, ou altérer la qualité du produit. Les spécialistes de la santé recommandent généralement de ne pas consommer un pain présentant des signes de moisissure, une odeur inhabituelle ou une texture anormale.


Dans plusieurs pays, les pains de la veille sont souvent commercialisés à un tarif réduit ou destinés à d'autres usages, afin de tenir compte de leur perte de fraîcheur. Au Tchad, en revanche, aucune pratique de ce type ne semble être largement appliquée dans les commerces de proximité.


Cette situation pose la question de la protection des consommateurs. Les associations de défense des consommateurs et les services chargés du contrôle de la qualité des denrées alimentaires pourraient être amenés à se prononcer sur les conditions de conservation et de commercialisation du pain, ainsi que sur l'information fournie aux acheteurs.


Entre pouvoir d'achat, sécurité alimentaire et respect des droits des consommateurs, le débat sur la vente du pain rassis au même prix que le pain frais reste largement ouvert.