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Tchad : le PATN mobilise Ati contre les VBG et pour l'inclusion numérique

À Ati, le Projet d’Appui à la Transformation Numérique mène une mission de sensibilisation pour lutter contre les VBG et promouvoir l'inclusion numérique des femmes.

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Tchad : le PATN mobilise Ati contre les VBG et pour l'inclusion numérique

Par Hassan Djidda

Ce lundi 24 août 2026, une mission de sensibilisation, de renforcement des capacités et de prévention sur les violences basées sur le genre (VBG), l’exploitation et les abus sexuels (EAS), le harcèlement sexuel (HS), ainsi que sur la notion de genre et l’utilisation responsable des réseaux sociaux, se tient dans la grande salle de réunion du RePER, à Ati, chef-lieu de la province du Batha.

Organisée dans le cadre du Projet d’Appui à la Transformation Numérique (PATN), cette rencontre réunit les autorités administratives et traditionnelles, les représentants des services déconcentrés de l’État, les forces de défense et de sécurité, les organisations de la société civile ainsi que les partenaires impliqués dans la mise en œuvre du projet.

Dans son discours d’ouverture, le représentant du Coordonnateur national du PATN, chef de mission et spécialiste en genre et VBG, Nodjikouambaye Béréou Mathurin, a adressé ses remerciements aux autorités administratives, traditionnelles et sécuritaires de la province du Batha pour leur accueil et leur disponibilité, ainsi qu’à l’ensemble des participants et partenaires.

Il a insisté sur la nécessité de promouvoir une transformation numérique inclusive, particulièrement en faveur des femmes, des filles, des jeunes et des personnes vulnérables.

S’appuyant sur les données d’évaluation du PATN, le chef de mission a relevé d’importantes disparités entre les femmes et les hommes dans l’accès et l’utilisation du numérique. Selon les chiffres présentés, moins de 1 % des femmes déclarent utiliser régulièrement Internet, contre 6,7 % des hommes.

Le document fait également ressortir des écarts concernant la possession de la carte nationale d’identité, l’accès à l’emploi salarié et la représentation des femmes dans les instances de décision. Pour le chef de mission, ces statistiques traduisent des inégalités structurelles susceptibles d’accentuer les vulnérabilités des populations, notamment face aux violences, à l’exploitation et au harcèlement.

À cette occasion, il a appelé les points focaux du PATN, les membres des comités de gestion des plaintes, les chefs de services déconcentrés, les partenaires associatifs et les acteurs communautaires à assumer pleinement leurs responsabilités.

Il les a invités à devenir de véritables sentinelles, relais et modèles au sein de leurs communautés, en veillant au respect des principes de bonne conduite et à la protection des personnes vulnérables.

Une attention particulière a été accordée au Mécanisme de Gestion des Plaintes (MGP), présenté comme un dispositif permettant aux personnes concernées d’accéder à un traitement confidentiel, sécurisé et respectueux de leurs droits.

Les participants ont également été sensibilisés aux comportements interdits, aux responsabilités individuelles et collectives, ainsi qu’aux codes de bonne conduite applicables au personnel du projet et à ses partenaires.

Le chef de mission a par ailleurs souligné que les résultats de cette mission contribueront au rapportage semestriel du PATN auprès de la Banque mondiale, renforçant ainsi les exigences de transparence, de responsabilité et de redevabilité dans la mise en œuvre du projet.

Il a estimé que chaque changement de comportement, chaque victime mieux prise en charge et chaque mécanisme de signalement effectivement utilisé constituent une avancée en faveur de la dignité humaine et d’une transformation numérique véritablement inclusive.

Ouvrant les travaux, le Secrétaire général de la province du Batha, Aba Saradingar, a salué la tenue de cette mission ainsi que l’engagement des différents participants.

Il a rappelé que les violences basées sur le genre, l’exploitation et les abus sexuels ainsi que le harcèlement sexuel demeurent des préoccupations majeures au Tchad, touchant particulièrement les femmes et les filles, mais pouvant également concerner les hommes et les garçons.

Selon lui, ces phénomènes fragilisent les familles, compromettent la cohésion sociale et constituent un obstacle au développement économique et social des communautés.

Le Secrétaire général a également souligné l’engagement du gouvernement tchadien, avec l’appui de ses partenaires techniques et financiers, à renforcer les mécanismes de prévention, de protection et de prise en charge des survivantes et survivants de violences.

Pour Aba Saradingar, la réussite de cette mission dépend de l’implication effective de l’ensemble des acteurs. Il a encouragé les participants à partager leurs expériences, leurs observations et leurs propositions afin que les recommandations soient adaptées aux réalités des communautés.

Il a enfin souhaité qu’au terme des travaux, chaque participant devienne un relais communautaire capable de sensibiliser son entourage, d’encourager les bonnes pratiques, de promouvoir l’égalité entre les femmes et les hommes et de contribuer activement à la lutte contre les violences basées sur le genre.

La mission constitue ainsi un cadre de dialogue, de partage d’expériences et de réflexion collective destiné à renforcer durablement les mécanismes de prévention et de protection au sein des communautés de la province du Batha.

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