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# Tchad : le préfet de la Dodjé rejette les accusations de « faillite sécuritaire »
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-le-prefet-de-la-dodje-rejette-les-accusations-de-faillite-securitaire/
- Published: 2026-08-21T11:10:40.000Z
- Updated: 2026-08-21T11:10:40.000Z
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

Le préfet du département de la Dodjé, **Abdelrahim Mahamat Abakar**, dans la province du Logone Occidental, a réagi au point de presse tenu le 18 août 2026 à Moundou par le Collectif des cadres de la Dodjé résidant à Moundou. Ce collectif avait dénoncé une « guerre d’occupation spatiale », un « drame humanitaire » et une « faillite sécuritaire » dans plusieurs localités du département.

Dans sa réponse, le préfet apporte un **démenti formel** aux accusations formulées par le collectif, tout en reconnaissant l’existence de tensions ponctuelles et d’incidents sécuritaires.

Selon lui, le territoire de la Dodjé attire régulièrement des éleveurs venus de provinces et de départements voisins, qui s’y installent temporairement avec leurs troupeaux. Il rejette toutefois l’idée d’une occupation définitive des terres.

Le préfet reconnaît que des affrontements isolés et des actes attribués à des bandits ont entraîné des pertes en vies humaines. Il cite notamment la mort de deux personnes à Laoukassy et d’une autre à Beissa. Il affirme que plusieurs auteurs présumés de ces exactions ont déjà été arrêtés et incarcérés à la maison d’arrêt de Moundou, tandis que d’autres restent recherchés par les forces de défense et de sécurité.

Face aux préoccupations sécuritaires, les autorités départementales disent avoir demandé un renforcement des effectifs. Selon Abdelrahim Mahamat Abakar, un régiment d’infanterie a ainsi été déployé et réparti dans différentes sous-préfectures. Des éléments ont notamment été installés dans les cantons Mandakao et Konkoundja les 14 et 15 août 2026.

## Des chiffres contestés

Le préfet conteste également les chiffres avancés par le collectif concernant les destructions et les pertes matérielles.

Selon les autorités administratives, **98 cases** auraient été incendiées, contre 472 maisons annoncées par le collectif. Elles font également état de **31 hangars incendiés** au lieu de 43, de **cinq anciennes machines à moudre** au lieu de 16, de **six carcasses de motos non opérationnelles** au lieu de neuf motos incendiées et de **deux volailles abattues** contre 500 évoquées par le collectif.

Le préfet affirme par ailleurs qu’aucune tête de bœuf n’aurait été emportée, contrairement aux informations faisant état d’une centaine de bovins volés.

Il considère que ces actes relèvent d’incidents isolés commis par des bandits de grand chemin et assure que les autorités continuent de prendre des mesures pour garantir la sécurité des populations et de leurs biens.

## Le chiffre de 4 187 hectares également rejeté

Le préfet rejette aussi l’affirmation selon laquelle **4 187 hectares de champs en floraison** auraient été détruits entre juillet et août dans la sous-préfecture de Laoukassy. Il qualifie ce chiffre de « pure imagination », estimant qu’il ne correspond pas à la réalité d’une sous-préfecture composée d’un seul canton et de 70 villages.

Il reconnaît toutefois que des dégâts ont été causés dans certains champs, soit par inadvertance, soit par négligence de bouviers. Selon lui, ces différends sont généralement réglés à l’amiable par les comités locaux de gestion des conflits ou, en cas d’échec de la conciliation, devant les sous-préfets.

Les autorités affirment également avoir engagé, depuis le 1er août 2026, l’identification des éleveurs transhumants et sédentaires. Un processus de retrait des troupeaux arrivés illégalement dans certaines zones aurait également été lancé dans plusieurs sous-préfectures.

## Le préfet affirme que la situation est globalement calme

Selon Abdelrahim Mahamat Abakar, en dehors des incidents enregistrés à Laoukassy et à Beissa, le reste du département de la Dodjé ne connaît pas de troubles majeurs à l’ordre public.

Il affirme notamment que la sous-préfecture de Beinamar rural connaît désormais une situation de paix et de stabilité après les événements survenus à Mandakao le 14 mai 2025\. Les populations y exerceraient normalement leurs activités et le marché hebdomadaire aurait rouvert.

Le préfet met enfin en garde contre certaines publications diffusées sur les réseaux sociaux, qu’il accuse d’exagérer la situation et de contribuer à la désinformation, à la peur et aux tensions communautaires.

Selon lui, certains messages présentant Mandakao comme une zone où les champs auraient été systématiquement détruits et les villages réduits en cendres ne correspondent pas à la situation observée depuis le mois de juin.

Les autorités administratives de la Dodjé assurent, pour leur part, poursuivre leurs efforts afin de maintenir l’ordre, protéger les populations et préserver leurs biens.