Tchad : le réveil en sursaut du ministère des Mines
Une opération « mains propres » bien que tardive est annoncée à grande pompe à quelques jours du Forum de Paris. C’est ce qui s’appelle un timing millimétré. Ou plutôt, un coup de stress de dernière minute.
Par une note circulaire datée du 21 septembre, le ministère des Mines, du Pétrole et de la Géologie a soudainement décidé de retirer « intégralement » à la Société nationale d’exploitation minière et de commercialisation (SONEMIC) la gestion du Guichet unique. Désormais, tout ce qui touche à l'achat, la vente, l'importation et l'exportation de l'or et des pierres précieuses passe sous sa « responsabilité directe ».
Quelle mouche a donc piqué nos autorités pour qu’elles se décident, du jour au lendemain, à vouloir mettre de l'ordre dans un secteur minier réputé pour son opacité chronique ? La réponse tient en un mot : Paris.
À l'approche du grand rendez-vous avec les investisseurs à Paris, le gouvernement tchadien semble pris d'une frénésie de respectabilité. Faute d'avoir pu régler, en temps utile, les profondes crises politiques, économiques et sociales qui minent le pays, le gouvernement tente une opération de rattrapage de dernière minute. Quoi de mieux, pour séduire les partenaires internationaux, que de feindre une reprise en main vigoureuse de l'or national ?
Ce réveil brutal ressemble à s'y méprendre à un grand ménage de printemps fait en dix minutes chrono parce que les invités ont déjà sonné à la porte. On pousse la poussière et la SONEMIC sous le tapis, et on affiche un sourire de bon élève de la gouvernance.
Mais la mise en scène ne s'arrête pas là. Pendant que le ministère court après ses lingots, une autre signature fait jaser dans les couloirs de N'Djamena : celle du protocole d’accord (MoU) pour la gestion de l'hôtel Hilton.