Tchad : le silence des agneaux et l’agonie de la démocratie en 5ème République

Albert Pahimi Padacké a déjà lancé l’alerte : l’absence d’espace d’expression légale pourrait pousser les plus désespérés vers la lutte armée.

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Tchad : le silence des agneaux et l’agonie de la démocratie en 5ème République

Le 25 avril 2026 restera gravé comme une des nombreuses dates sinistres dans l’histoire politique du Tchad. Entre arrestations arbitraires et dissolutions juridiques, l’atmosphère nationale est devenue d’une lourdeur suffocante. Ce climat de peur, où la parole s’éteint sous la pression, n'est pas sans rappeler « Le Silence des agneaux » : un mutisme qui n’est pas un consentement, mais le cri étouffé de l'impuissance.


Le traumatisme comme arme de gouvernance


Au Tchad, l'impuissance des innocents face à la puissance de feu des forces de défense et de sécurité a fini par traumatiser une population exsangue. Tels des agneaux menés à l’abattoir, les citoyens crient leur désespoir avant de sombrer dans un silence imposé. Ce n’est pas le silence de la paix, mais celui de la survie.
Même au sein de la majorité présidentielle, ce mutisme interroge. Loin d’être une adhésion totale, cette absence de voix ressemble à une stratégie de protection face à un système qui ne tolère aucune nuance. Dans ce contexte, le silence de la classe politique au pouvoir semble confirmer une répression planifiée, dont les résultats, loin d’être anodins, visent à la neutralisation systématique de toute velléité de contestation.