Le Tchad lance le projet ILSA pour une agriculture durable et l'emploi vert

Le Tchad a lancé le projet ILSA pour promouvoir une agriculture durable et l'entrepreneuriat vert, ciblant les jeunes et les femmes rurales, avec un soutien financier de l'Union européenne et du FIDA.

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Le Tchad lance le projet ILSA pour une agriculture durable et l'emploi vert

Par Khadidja Oumar Abdoulaye

Le ministère de la Production et de l’Industrialisation agricole, en partenariat avec l'Union européenne et le Fonds international de développement agricole, a procédé ce 20 mai 2026 à N’Djamena au lancement officiel du projet ILSA. Cette initiative vise à renforcer la santé des sols, promouvoir une agriculture durable et favoriser l’entrepreneuriat des jeunes et des femmes rurales.

La cérémonie s’est déroulée à l’Hôtel Résidence en présence des partenaires techniques et financiers ainsi que des acteurs du secteur agricole. Le projet ambitionne de renforcer l’autonomisation économique des jeunes et des femmes rurales à travers la création d’emplois verts et le soutien aux initiatives entrepreneuriales dans le domaine agricole.

Dans son allocution, le ministre de la Production et de l’Industrialisation agricole, Keda Ballah, a souligné que ce projet constitue une étape importante dans les efforts du gouvernement visant à moderniser l’agriculture tchadienne et à renforcer la résilience des communautés rurales face aux effets du changement climatique. Selon lui, le Tchad est confronté à plusieurs défis environnementaux, notamment la dégradation des sols, la baisse de la fertilité des terres agricoles ainsi que les conséquences des crises mondiales qui affectent la sécurité alimentaire. Il a également rappelé que les effets de la pandémie de Covid-19 et les répercussions du conflit russo-ukrainien ont fragilisé les systèmes de production et accentué les difficultés des populations rurales.

Le projet prévoit ainsi la promotion de pratiques agricoles durables adaptées aux réalités climatiques du pays. Il entend également accompagner les jeunes et les femmes à travers des initiatives d’entrepreneuriat agricole et des activités génératrices de revenus. Les partenaires techniques et financiers présents à cette cérémonie ont salué l’engagement des autorités tchadiennes en faveur du développement agricole et réaffirmé leur volonté d’accompagner le pays dans la mise en œuvre de programmes favorisant la sécurité alimentaire et la résilience des populations.

Prenant la parole officielle, le représentant de l’Union européenne, Karl Rawert, a rappelé l’importance stratégique du secteur agricole pour l’économie tchadienne. Il a affirmé que le projet contribuera à l’augmentation durable de la production agricole et au développement de l’entrepreneuriat vert. Selon lui, le Tchad dispose d’importants potentiels agricoles, économiques et nutritionnels qui méritent d’être valorisés. Toutefois, cette transformation nécessite une amélioration de la productivité agricole, de la rentabilité des exploitations et de l’emploi, tout en préservant les ressources naturelles.

Il a expliqué que le projet ILSA, financé par l’Union européenne à hauteur de 4,5 millions d’euros, prévoit notamment l’accompagnement de 150 microentreprises tchadiennes spécialisées dans la fabrication et la commercialisation d’engrais biologiques. Environ 3 000 ménages bénéficieront également d’un appui pour accroître durablement leur production agricole.

Le représentant européen a insisté sur la question des engrais, devenue un enjeu stratégique mondial. Il a indiqué que les récentes crises internationales, notamment les tensions géopolitiques et les conséquences de la guerre en Ukraine, ont entraîné une forte hausse des prix des fertilisants sur les marchés internationaux. Il a également souligné que l’appui de l’Union européenne au développement des intrants biologiques s’inscrit dans une vision plus large de croissance économique et de désenclavement commercial définie dans le Plan national de développement « Tchad Connexion 2030 ». Plusieurs programmes soutenus par l’Union européenne sont déjà en cours de mise en œuvre dans différentes provinces du pays.

De son côté, Rachel Sen, directrice pays du Fonds international de développement agricole (FIDA), a réaffirmé que ce projet introduit une innovation importante dans la promotion des emplois verts, notamment en faveur des jeunes et des femmes. Selon elle, cette initiative ambitionne de concilier la restauration durable des sols avec le développement d’activités économiques viables afin de renforcer la résilience des systèmes alimentaires au Tchad. Elle a précisé que le projet revêt également un caractère pilote qui permettra de tester, d’affiner et de documenter des approches innovantes en matière d’agroécologie et d’entrepreneuriat rural vert. Une attention particulière sera accordée au suivi-évaluation ainsi qu’à la capitalisation des acquis afin d’alimenter les politiques publiques et de favoriser la réplication des bonnes pratiques à plus grande échelle.

Par ailleurs, elle a estimé que la valorisation des sols à travers l’entrepreneuriat des jeunes constitue un facteur clé de stabilité et de développement, en offrant des perspectives économiques concrètes et durables à une frange importante de la population.