Tchad : le CERGIED renforce les capacités des OSC sur le contrôle citoyen du budget
Le CERGIED a organisé un atelier pour renforcer les capacités des organisations de la société civile tchadiennes sur le contrôle citoyen du budget, visant à améliorer la transparence et l'équité des ressources publiques.
Par Hassan Abderamane
Dans le cadre du projet « Renforcement du pouvoir citoyen pour la réduction des inégalités », le Centre d’Études et de Recherches sur la Gouvernance, les Industries Extractives et le Développement Durable (CERGIED) a organisé ce 16 juillet 2026 un atelier de renforcement des capacités à l'intention des organisations de la société civile tchadiennes sur le contrôle citoyen du budget. L'ouverture de cet atelier s'est déroulée au sein de ses locaux à Gassi, dans le 7ème arrondissement de la capitale, N'Djamena.
L'objectif global de l'atelier est de renforcer les capacités des organisations de la société civile tchadiennes à exercer un contrôle citoyen effectif et documenté sur l'exécution du budget public au niveau national et communal afin d'améliorer la transparence, la redevabilité et l'équité dans l'allocation des ressources publiques en faveur de la réduction des inégalités.
Dans son allocution, le directeur général du CERGIED, Maoundonodji Gilbert, a situé le contexte de cet atelier en rappelant que depuis près de vingt ans, le CERGIED s'est engagé dans le travail budgétaire en vue de démystifier le budget, d'informer le public et de contribuer à une meilleure gouvernance des ressources du pays. Il souligne que le CERGIED, à travers ses actions antérieures, a développé un programme de renforcement des capacités des organisations de la société civile à l'échelle nationale et locale. Les résultats de ces ateliers se traduisent par la mise en place de plusieurs comités de suivi budgétaire, qui sont des structures citoyennes pour promouvoir l'accès à l'information, assurer le suivi des politiques publiques au niveau local et garantir la redevabilité dans la gestion et l'utilisation des ressources publiques. Ces comités de suivi budgétaire sont présents dans dix-neuf des vingt-trois provinces du pays.
Le directeur général du CERGIED a rappelé que les organisations de la société civile tchadiennes, telles que les ONG, les organisations communautaires de base, les réseaux de femmes et de jeunes, constituent des acteurs essentiels du contrôle citoyen de l'action publique. Leurs capacités à analyser les budgets, à produire des preuves sur les inégalités dans l'allocation des ressources et à mener des plaidoyers fondés sont déterminantes pour améliorer la redevabilité des institutions publiques. Il a également souligné que la majorité des OSC subissent des obstacles qui limitent leurs capacités à exercer ce rôle important. Parmi ces obstacles, on peut relever une maîtrise insuffisante des mécanismes budgétaires publics, nationaux et communaux, des nomenclatures et des documents officiels, notamment la loi des finances, la loi de règlement, le rapport de la Cour des comptes, un accès limité aux outils et instruments de transparence comme l'ITIE, le budget citoyen, l'indice du budget ouvert, et une faible capacité pour l'analyse et le plaidoyer, le manque de maîtrise des techniques de plaidoyer budgétaire et un espace civique réduit qui limite les possibilités de dialogues formels entre les organisations de la société civile et les institutions publiques sur les questions budgétaires.
Les actions antérieures du CERGIED ont permis de jeter des bases importantes avec la production de notes d'analyse budgétaire, la réalisation et l'édition du guide de lecture du budget à l'usage des citoyens, la mise en place de l'observatoire de gestion des ressources publiques, la mise en place de l'observatoire du budget citoyen et plusieurs actions de sensibilisation.
Maoundonodji Gilbert a rappelé que l'objectif de cet atelier est non seulement de renouveler ces formations, mais surtout de renforcer les capacités des organisations de la société civile à exercer un contrôle citoyen effectif et documenté sur l'exécution du budget public au niveau national et communal afin d'améliorer la transparence, la redevabilité et l'équité dans l'allocation et la gestion des ressources publiques en faveur des citoyens.
Il a enfin invité et exhorté les participants à profiter de ces deux jours de formation pour partager des expériences, discuter des obstacles rencontrés, des défis et surtout proposer des stratégies pour que la société civile, formée et informée, éclairée et renforcée dans ses capacités, soit à même de contribuer à la lutte contre les mauvaises pratiques en matière de gouvernance et faire en sorte que les ressources allouées contribuent à lutter contre les inégalités et aient un impact positif dans la vie des citoyens.