Tchad : les autorités de la Nya encadrent la transhumance pour protéger les récoltes
Face à la transhumance précoce dans le département de la Nya, les autorités locales ont mené une descente sur le terrain pour imposer le cantonnement des éleveurs jusqu'au 1er janvier 2027.
Par Reouhoudou Innocent
Suite à la réunion des autorités locales du département de la Nya tenue le 3 novembre 2026, une délégation s'est rendue sur le terrain le 4 novembre 2026 dans la sous-préfecture de Bébédjia rurale. Conduite par le sous-préfet Abdelrassoul Djibrine Abdelrassoul, elle comprenait également le maire de Bébédjia, Ndosolngar Nicolas, le chef de canton, Mara Emmanuel, ainsi que le commandant adjoint de la compagnie de gendarmerie et le commandant de la Garde nationale et nomade du Tchad (GNNT) de la Nya.
Cette descente urgente fait suite aux recommandations formulées lors d'une réunion de sécurité présidée par le secrétaire général du département de la Nya, consacrée à la prévention et à la gestion des conflits.
Sur place, la délégation a rencontré les éleveurs transhumants afin de leur rappeler la note circulaire du vice-Premier ministre interdisant toute arrivée de bétail avant le 1er janvier 2027, insistant sur le respect strict des lois de la République.
Interrogés sur leur provenance et les couloirs empruntés, les éleveurs ont indiqué venir de Mbaourroi et de la Tandjilé. Ils ont également affirmé être confrontés à des vols de bétail et à l'obstruction des couloirs de transhumance, ce qui les aurait poussés à s'installer prématurément dans la zone.
À l'issue de ces échanges, les autorités administratives et sécuritaires ont décidé de cantonner les transhumants au bord du fleuve Logone jusqu'au 1er janvier 2027. En outre, il a été statué qu'en cas de dévastation des cultures, les éleveurs devront indemniser les agriculteurs par la remise d'une ou de plusieurs têtes de bétail.
Enfin, les associations et les organisations de la société civile ont été appelées à intensifier le travail de sensibilisation auprès des deux communautés pour promouvoir le vivre-ensemble, le respect des lois et une cohabitation pacifique, gage de paix et de développement durable.