Tchad : les enseignants posent leurs conditions pour sauver l'école
À l'occasion de la Journée mondiale des enseignants, les syndicats de l'éducation au Tchad ont dressé une liste de revendications urgentes pour sauver le système éducatif.
Par Katchibé Mapagne
À l’occasion de la Journée mondiale des enseignants, célébrée ce lundi 5 octobre 2026 à N’Djamena, les syndicats du secteur de l’éducation ont rappelé le rôle central des professionnels dans le développement du pays. Réunis au siège de la COSOCIDE-TCHAD, ils ont formulé plusieurs doléances urgentes auprès du gouvernement, axées sur les conditions de travail, les rémunérations, la formation et la gestion des carrières.
Chaque 5 octobre, le monde célèbre la Journée mondiale des enseignants. Instituée en 1994, cette manifestation commémore la signature, en 1966 à Paris, de la « Recommandation concernant la condition du personnel enseignant » par l’UNESCO et l’Organisation internationale du Travail (OIT).
Au Tchad, l’édition 2026 est placée sous le thème : « Valorisons la carrière enseignante : 60 ans à protéger la profession, promouvoir la condition enseignante et façonner nos futurs ».
Prenant la parole au nom des enseignants, Tao Koï Louis, porte-parole du COSET et du PSSET, a salué le dévouement des acteurs de l’éducation dans la transmission des savoirs. Selon lui, l’enseignant demeure « le pilier et l’éclaireur de la société », malgré un contexte national difficile marqué par des crises sociopolitiques et sanitaires, les effets du changement climatique ainsi que les mutations technologiques.
Tout en reconnaissant les efforts accomplis par les pouvoirs publics, le porte-parole a dressé une liste précise de revendications destinées à assainir le système éducatif.
Des revendications structurelles et financières
Sur le plan institutionnel, les syndicats réclament la dépolitisation du système éducatif, le renforcement de la formation bilingue des enseignants et le recrutement d’un nombre suffisant d’inspecteurs et de conseillers pédagogiques. Ils demandent également une révision progressive et contrôlée des curricula.
Sur le plan social et financier, les urgences ne manquent pas :
- Le versement des subsides aux maîtres communautaires.
- Le paiement des salaires suspendus en février 2026 pour les enseignants de N’Djamena et des provinces concernées.
- L’accélération de l'application effective du décret n° 2850 portant statut particulier des enseignants.
- Le règlement des arriérés de primes de la Commission administrative paritaire et des primes de transport pour les agents omis.
Les organisations syndicales plaident en outre pour une révision de l’organisation des concours et examens (baccalauréat et BEPC), exigeant une implication accrue des enseignants de classes d’examen, ainsi que la restauration des concours d’entrée en sixième et du CEPE. Elles demandent également la fluidification des avancements, des reclassements et le versement à temps des crédits de fonctionnement des établissements.
S'adressant à la communauté parentale, le COSET et le PSSET ont appelé l’Association des parents d’élèves (APE) à s'impliquer davantage aux côtés de l’État. Enfin, Tao Koï Louis a exhorté ses collègues à observer rigoureusement l’éthique et la déontologie professionnelles, réaffirmant l'engagement des syndicats en faveur de l'objectif de développement durable ODD 4 pour une éducation inclusive et de qualité.