Tchad : les moustiquaires imprégnées détournées de leur usage

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Tchad : les moustiquaires imprégnées détournées de leur usage

Par Golmem Ali Emmanuel

Distribuées gratuitement par le gouvernement tchadien avec l'appui de ses partenaires pour lutter contre le paludisme, les moustiquaires imprégnées destinées à protéger les populations se retrouvent malheureusement détournées de leur usage initial.

Alors que ces moustiquaires sont remises gratuitement aux ménages dans le cadre des campagnes nationales de prévention du paludisme, plusieurs d'entre elles sont aujourd'hui vendues illicitement sur les marchés. Une pratique pourtant interdite qui compromet les efforts déployés pour réduire l'une des principales causes de mortalité dans le pays.

Selon plusieurs observations, certaines moustiquaires sont achetées puis découpées pour être transformées en éponges de bain. D'autres servent à la fabrication d'objets domestiques ou sont utilisées comme filets de pêche dans les cours d'eau.

Cette dernière pratique suscite particulièrement l'inquiétude des spécialistes de l'environnement. Les moustiquaires imprégnées contiennent des insecticides destinés à tuer ou repousser les moustiques. Lorsqu'elles sont utilisées pour la pêche, ces substances chimiques peuvent contaminer les milieux aquatiques et affecter la faune.

Plus grave encore, la finesse des mailles de ces moustiquaires ne permet pas de sélectionner les prises. Les poissons juvéniles, indispensables au renouvellement des espèces, sont capturés au même titre que les poissons adultes. Cette pêche non sélective contribue à l'appauvrissement des ressources halieutiques et menace l'équilibre des écosystèmes aquatiques.

Au-delà des conséquences environnementales, le détournement des moustiquaires réduit considérablement leur disponibilité au sein des ménages. Les familles privées de ces moyens de protection restent davantage exposées aux piqûres de moustiques et donc au risque de contracter le paludisme.

Face à cette situation, des voix s'élèvent pour appeler au renforcement des campagnes de sensibilisation et des contrôles sur les marchés. Les autorités sont également invitées à lutter contre la commercialisation illégale de ces moustiquaires afin de garantir qu'elles servent effectivement à protéger les populations contre le paludisme.

La lutte contre cette maladie repose non seulement sur les efforts des pouvoirs publics et de leurs partenaires, mais aussi sur l'engagement des citoyens à utiliser correctement les moustiquaires mises à leur disposition. Protéger sa santé tout en préservant l'environnement demeure une responsabilité collective.