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# Tchad : quand les habitants de N'Djamena réparent eux-mêmes leurs routes secondaires
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-quand-les-habitants-de-ndjamena-reparent-eux-memes-leurs-routes-secondaires/
- Published: 2026-09-23T11:19:28.000Z
- Updated: 2026-09-23T11:19:28.000Z
- Description: À N'Djamena, face à la dégradation des routes secondaires, les habitants cotisent pour réparer eux-mêmes les voies. Une magnifique démonstration de solidarité qui interroge toutefois sur les défaillances des pouvoirs publics.
- Author: Alwihda Info
- Tags: Tchad

**Par Barra Lutter**

À N'Djamena, les grandes artères attirent souvent toute l'attention. Pourtant, ce sont les routes secondaires qui relient les familles, les commerces, les écoles et les centres de santé. Face à leur dégradation, des habitants choisissent de ne plus attendre : ils cotisent, mobilisent les riverains et réparent eux-mêmes les voies. Une preuve de solidarité qui mérite d'être saluée, mais qui ne devrait jamais devenir une solution permanente.Une solidarité qui redonne espoir

Dans plusieurs quartiers de la capitale tchadienne, il n'est plus rare de voir des jeunes, des commerçants ou des chefs de carré organiser une collecte de fonds afin d'acheter du sable ou des gravats pour combler les nids-de-poule. Les conducteurs de motos, les automobilistes de passage et les riverains mettent régulièrement la main à la poche pour rendre une voie praticable.

Ces initiatives, souvent modestes, produisent des résultats visibles : une rue auparavant difficile d'accès redevient carrossable. Les motos circulent plus facilement, les taxis retrouvent leur itinéraire habituel et les habitants peuvent regagner leur domicile sans craindre de s'embourber après une averse. Au-delà du bitume et des graviers, ces actions illustrent une valeur essentielle : la coopération. Elles rappellent qu'une communauté peut accomplir de grandes réalisations lorsque chacun accepte d'apporter sa contribution.

Réponse citoyenne à un problème public

Si cette mobilisation force le respect, elle soulève également une question de fond : pourquoi les citoyens doivent-ils financer eux-mêmes des infrastructures qui relèvent de la responsabilité des pouvoirs publics ?

Les routes secondaires ne sont pas des voies secondaires par leur importance. Elles assurent la liaison entre les quartiers et les grands axes, facilitent les déplacements quotidiens et participent au développement économique local. Lorsqu'elles se dégradent, ce sont les commerçants qui perdent des clients, les élèves qui arrivent en retard, les ambulances qui peinent à intervenir et les familles qui subissent une baisse de leur qualité de vie.

Les autorités ne peuvent donc considérer ces initiatives citoyennes comme une solution de remplacement. Elles devraient plutôt y voir un signal fort : les populations sont prêtes à participer au développement de leur cadre de vie, à condition d'être soutenues.

Faire de cette dynamique un véritable partenariat

L'exemple de ces quartiers montre qu'une collaboration entre citoyens et collectivités est possible. Les habitants apportent leur connaissance du terrain et leur capacité de mobilisation. Les autorités, quant à elles, disposent des moyens techniques, des équipements et des ressources budgétaires nécessaires pour réaliser des travaux durables.

Un tel partenariat permettrait de transformer des réparations de fortune en véritables programmes d'entretien régulier. Il renforcerait également la confiance entre les administrés et les institutions.

La solidarité ne doit pas masquer les défaillances. Elle constitue une force indéniable, mais elle ne saurait se substituer aux politiques publiques. Les habitants de N'Djamena démontrent chaque jour qu'ils ne manquent ni d'idées ni de volonté. En prenant l'initiative de réparer leurs voies, ils donnent une leçon de civisme.

Il appartient désormais aux autorités de répondre à cet engagement avec la même détermination. Car une ville ne se développe pas uniquement grâce à ses grands boulevards ; elle avance aussi par ses ruelles et ses quartiers, qui constituent le véritable réseau de la vie quotidienne.