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# Tchad : quatre jeunes arrêtés chez un conseiller à la Primature
- URL: https://www.alwihdainfo.com/tchad-quatre-jeunes-arretes-chez-un-conseiller-a-la-primature/
- Published: 2026-10-11T02:22:14.000Z
- Updated: 2026-10-11T02:22:14.000Z
- Description: Quatre jeunes, dont trois élèves et un étudiant, ont été enlevés à leur domicile à Goudje par des hommes armés, sur fond de tensions persistantes au Tibesti.
- Author: Alwihda Info

**Par Djimet Wiche**

Quatre jeunes, dont trois élèves et un étudiant, ont été arrêtés dans la nuit du vendredi 9 au samedi 10 octobre 2026 à Goudje, dans la commune du 10e arrondissement, par des services spéciaux tchadiens, selon des sources concordantes rapportées par Alwihda. Armés et à bord de trois véhicules banalisés sans plaque d'immatriculation, les individus ont fait irruption au domicile de Molia Tahar, ancien député du Tibesti et conseiller chargé de mission à la primature, actuellement en mission dans sa province d'origine pour apaiser les tensions liées à la mort d'un orpailleur.

Après avoir frappé à plusieurs reprises à la porte d'entrée sans succès, les individus ont escaladé le mur vers deux heures du matin pour enlever quatre jeunes avant de les emmener vers une destination inconnue, d'après un proche des victimes. Aucun motif officiel n'a été communiqué pour justifier cette descente. Les personnes enlevées sont : Hissein Adoum Outman, Ahmat Mahamat Abakar, Khamiss Koki Edji et Djouma Yeskia Mahamat. Selon certaines indiscrétions, ces arrestations pourraient être liés aux tensions prévalant dans le Tibesti et à des messages diffusés sur les réseaux sociaux.

Depuis l'arrivée au pouvoir du président Mahamat Idriss Déby en avril 2021, de nombreux cas d'enlèvements visant des personnes perçues comme hostiles au régime ont été signalés dans la capitale et en province. Ces disparitions forcées de voix dissidentes — qu'il s'agisse d'opposants, de journalistes, de défenseurs des droits humains ou de militants — constituent de graves violations du droit international. 

En 2026, à l'occasion du 20e anniversaire de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées, des institutions comme l'ONU continuent d'examiner des centaines de signalements à travers le monde.

Ces agissements portent atteinte à l'image internationale du Tchad. Outre ces arrestations extrajudiciaires attribuées pour la plupart à la DGRI, les autorités restreignent les libertés fondamentales en interdisant les manifestations, en réprimant celles qui bravent l'interdit, et en dissolvant récemment plusieurs associations et partis politiques, malgré les engagements régionaux et internationaux souscrits par le Tchad, compromettant les perspectives d'une sortie de crise respectueuse des droits humains.