Tchad : réécriture de l'histoire du pays, un débat crucial à l'Assemblée
Le ministre Sitack Yombatina Beni est interrogé à l'Assemblée nationale sur la création d'un comité pour réécrire l'histoire du Tchad, soulevant un débat sur la mémoire nationale.
Par Malick Mahamat
Ce vendredi 29 mai 2026, le ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche scientifique et de la Formation professionnelle, Sitack Yombatina Beni, a été interpellé à l’Assemblée nationale concernant la création d’un comité chargé de réécrire l’histoire du Tchad.
Lors de son intervention, la députée Mariam Djimet Ibet a souligné que l’histoire du Tchad est à la fois riche et complexe, marquée par de grands mouvements africains, des royaumes anciens, la colonisation, l’indépendance, les conflits politiques, ainsi qu’une quête permanente de stabilité et d’unité nationale. Ces États jouaient un rôle majeur dans le commerce transsaharien, la culture islamique et les échanges entre les peuples africains.
L’histoire du Tchad ne se résume pas aux conflits. Elle est également celle d’une grande diversité culturelle et d’une nation en construction. Souvent fragmentée selon les régions, influencée par les récits coloniaux, marquée par les conflits politiques, et parfois transmise de manière incomplète dans les écoles, elle mérite d’être révisée et approfondie.
« Cette démarche est légitime et nécessaire. La valeur réelle de cette initiative dépendra de la manière dont elle sera conduite : soit comme un travail scientifique au service de la nation, soit comme un récit politique imposé. L’idéal serait une histoire qui rassemble sans effacer la vérité historique, car l’histoire constitue la mémoire collective de la nation. Mal conduite, cette démarche pourrait devenir un outil de division plutôt qu’un facteur de réconciliation nationale », a souligné la députée.