Tchad : réparation automobile et motocycles, les petits ateliers tirent leur épingle du jeu
Dans un secteur commercial globalement en recul sur un an, le commerce et la réparation d'automobiles et de motocycles affiche une stabilité remarquable.
En creusant les données, c'est la réparation et les motocycles qui tirent la croissance — reflet d'une économie de la débrouille qui s'organise.
Stabilité globale, dynamiques internes contrastées
Le commerce et réparation d'automobiles et de motocycles est la seule branche du commerce tchadien à afficher une variation nulle (0,0 %) en glissement annuel au 1er trimestre 2026. L'indice de la branche atteint 141,5, quasiment identique aux 141,4 enregistrés au 1er trimestre 2025. Une performance qui contraste avec les baisses enregistrées dans les autres branches.
Sur un trimestre, la branche progresse de 2,3 % par rapport au 4e trimestre 2025. Mais derrière cette moyenne, les trajectoires des sous-secteurs sont radicalement différentes.
L'entretien et la réparation, moteur inattendu de la croissance
La hausse la plus spectaculaire provient de l'activité «Entretien et réparation de véhicules automobiles» avec +172,7 % en variation trimestrielle. Ce chiffre s'explique en partie par un effet de base très bas au 4e trimestre 2025 (indice à 32,7), mais il traduit aussi une réalité du terrain : face à l'impossibilité d'acheter des véhicules neufs ou d'occasion à des prix accessibles, de nombreux propriétaires préfèrent entretenir et réparer leurs véhicules existants.
Les motocycles confirment également leur vitalité avec +36,1 % en variation trimestrielle et même +46,7 % en glissement annuel. Le deux-roues motorisé s'impose comme le principal moyen de transport et de travail dans les villes tchadiennes, alimentant une demande soutenue en vente et entretien.
Le commerce de véhicules neufs résiste, les pièces détachées reculent
Le commerce de véhicules automobiles affiche pour sa part une hausse de 3,3 % sur le trimestre et de 7,5 % en glissement annuel — une progression solide qui témoigne d'une demande maintenue pour les véhicules de transport et les 4x4, particulièrement dans un pays aux vastes espaces et aux infrastructures routières limitées.
En revanche, le commerce de pièces détachées et d'accessoires automobiles recule de 9,9 % sur le trimestre et de 28,2 % en glissement annuel. Ce repli suggère une pression sur les marges des revendeurs et peut-être une concurrence accrue des pièces importées de manière informelle ou de moins bonne qualité.