Tchad : Sarh face aux inondations, une préparation cruciale pour éviter le pire
La ville de Sarh et le Moyen-Chari se préparent à la saison des pluies, marquée par des inondations récurrentes. Quelles mesures préventives ont été prises pour éviter de nouveaux drames ?
Par Elwood Dk
En cette saison des pluies, nous nous interrogeons sur le niveau de préparation des autorités et des structures chargées de la gestion des catastrophes naturelles. Cette préoccupation est d'autant plus importante que la ville de Sarh et plusieurs localités de la province du Moyen-Chari gardent encore les séquelles des inondations qui ont marqué les années précédentes.
Les habitants n'ont pas oublié les scènes difficiles vécues lors des dernières saisons pluvieuses. Dans plusieurs quartiers de Sarh, les fortes précipitations avaient provoqué d'importantes inondations, entraînant l'effondrement de nombreuses habitations, le déplacement de plusieurs familles, la perte de biens matériels ainsi que des dommages considérables sur les infrastructures. À cela s'ajoutaient les débordements du fleuve Barh-Koh qui avaient aggravé la situation dans certaines zones déjà fragilisées.
Face à cette menace récurrente, un comité de crise chargé de la gestion des inondations avait été mis en place. Sa mission consistait non seulement à assister les populations sinistrées, mais également à anticiper les risques et à proposer des solutions permettant de réduire les conséquences des intempéries. Plusieurs partenaires avaient également apporté leur soutien à travers des actions de renforcement des capacités.
Aujourd'hui, alors que les premières pluies annoncent le début de la saison hivernale, une question revient avec insistance : quelles mesures préventives ont été prises pour éviter que les mêmes drames ne se reproduisent ? Les membres du comité de crise sont-ils déjà mobilisés sur le terrain ? Les zones identifiées comme vulnérables ont-elles fait l'objet d'une surveillance particulière ?
Ces interrogations sont d'autant plus légitimes que certains responsables et acteurs impliqués dans la gestion des risques ont bénéficié, il y a quelques mois, de formations organisées par l'Organisation Internationale pour les Migrations (OIM) sur la prévention et la gestion des catastrophes. Les connaissances acquises à cette occasion sont-elles aujourd'hui mises en application ? Les moyens nécessaires sont-ils disponibles pour agir avant l'arrivée des grandes pluies ?
La prévention demeure le meilleur moyen de limiter les dégâts. Attendre que les inondations surviennent avant d'intervenir risquerait de replonger de nombreuses familles dans les mêmes difficultés que par le passé. La sensibilisation des populations, le curage des caniveaux, l'identification des zones à risque et la préparation des équipes d'intervention devraient figurer parmi les priorités du moment. S’il faut le rappeler, les risques d'inondation ne concernent pas uniquement la ville de Sarh, mais plusieurs départements de la province du Moyen-Chari.
