Tchad : Sinaïka-Minia, bâtir un futur durable entre conservation et tourisme
Le Parc National de Sinaïka-Minia, au Tchad, se prépare à un avenir touristique durable, alliant conservation et développement local, sous l'impulsion d'African Parks et de son directeur Ahmat Brahim Siam.
Par Ahmad Youssouf Ali
À l’issue d’une immersion de plusieurs jours au cœur du Parc National de Sinaïka-Minia, le Directeur pays d’African Parks Tchad, Ahmat Brahim Siam, a tenu ce vendredi 26 juin 2026 un point de presse empreint de vision et de responsabilité. Devant un parterre de journalistes, d’acteurs du tourisme et de partenaires locaux, il a posé les jalons d’une réflexion collective autour de l’avenir de ce joyau naturel, le plus grand parc du Tchad et l’un des plus prometteurs d’Afrique sahélienne.
« Le développement d’une destination touristique ne commence pas avec l’arrivée des premiers visiteurs. Il commence par une réflexion stratégique, une planification rigoureuse, la préservation des ressources et l’implication des communautés », a rappelé M. Siam, insistant sur la nécessité de ne pas brûler les étapes. Sinaïka-Minia n’est pas encore ouvert au tourisme, mais sa vocation future s’inscrit d’ores et déjà dans une logique de durabilité, où la conservation reste le socle de toute décision.
Durant leur séjour, les participants ont arpenté des paysages d’une beauté saisissante, observé une biodiversité sahélio-soudanienne exceptionnelle et échangé avec les équipes de terrain, dont le travail discret mais essentiel assure la protection d’un patrimoine naturel inestimable pour le Tchad. « Ce territoire est d’abord un sanctuaire de conservation », a souligné le directeur, avant d’ajouter que « son potentiel pour un tourisme responsable est réel, à condition de le construire avec ceux qui connaissent les réalités locales ».
Car la mission était claire : associer les médias et les professionnels du tourisme dès les premières réflexions. Leur regard, leurs analyses et leurs recommandations nourriront l’élaboration du Plan de Développement Touristique, prévu dans le cadre de l’accord de partenariat. « Votre expertise nous est précieuse pour imaginer ensemble ce que pourrait devenir Sinaïka-Minia demain », a lancé M. Siam à l’assistance, saluant chaleureusement les journalistes qui contribuent à faire connaître ce territoire méconnu, ainsi que les voyagistes ayant partagé leur expérience.
Au-delà des paysages et des espèces rares, c’est une vision de long terme qui s’esquisse : faire du tourisme durable un outil au service de la conservation, de l’autonomisation des communautés locales et du rayonnement du patrimoine naturel tchadien. « Le tourisme durable n’est pas une fin en soi », a martelé le directeur. « Bien conçu, il peut renforcer la protection de l’écosystème, soutenir les populations riveraines et rendre le parc financièrement autonome. »
En conclusion, Ahmat Brahim Siam a invité chacun à porter un regard lucide et ambitieux sur Sinaïka-Minia, en rappelant la responsabilité collective de transmettre ce trésor aux générations futures. Le parc n’en est qu’aux prémices de son histoire touristique, mais les bases posées aujourd’hui, dans le dialogue et la rigueur, laissent entrevoir un modèle possible pour le Tchad : celui d’un développement respectueux, inclusif et pérenne.